‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 121 sur 284 · LE COMTE DE MONTMORIN · texte numérisé non relu

LE COMTE DE MONTMORIN

messon, de Surgy, Thouin, Dumont et Alexandre de Lamcth. L'humiliation du Roi fut encore augmentée, lorsque le président ajouta quelques mots pour rengager à éloigner aussi du Dauphin des personnes qui paraissaient suspectes. Par respect, le nom de Madame Elisabeth ne fut pas prononcé, mais elle était clairement désignée par des propos qui s'échangèrent cà voix basse sur son obstination à refuser de paraître aux cérémonies où le? nouveaux prêtres officiaient.

Louis XVI courba la tète. Dès le lendemain, ses plus fidèles serviteurs reçurent de lui Tordre de partir. MM. de Duras et de Villequier quittèrent les Tuileries. Le cardinal de Montmorency, grand aumônier; MM. de Roquelaurc et de Sabran, premiers aumôniers ; les autres aumôniers ordinaires, enfin la princesse de Chimay, dame d'honneur de la Reine, et la duchesse de Duras, dame du palais, s'éloignèrent également. Cette dernière était amie particulière de Madame Elisabeth. Le bruit circula qu'un ordre du Roi intimait à la princesse de se retirer des Tuileries, de rejoindre ses tantes, afin de ne pas continuer, par sa présence, à nuire au prince humilié et à gêner la triste politique de ses ministres.

Parmi ceux-ci se trouvait un personnage pour lequel Madame Elisabeth éprouvait une estime particulière. Le comte de Montmorin, élevé dans l'intérieur de Mesdames, la connaissait depuis longtemps. Ses opinions étaient libérales et ses amis constitutionnels ; mais son cœur demeurait profondément dévoué à Louis XVI et à la cause monarchique, au milieu des oscillations de la politique à laquelle il obéissait. A plusieurs reprises, il sollicita des audiences de Madame

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