‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 153 sur 284 · PROJET DE MADAME DE STAËL · texte numérisé non relu

PROJET DE MADAME DE STAËL

v et je suis à peu près sûre d'y parvenir sans leur faire » courir aucun risque, ni à moi-même. Ecoutez-moi. » Us ont confiance en vous. Voici mon projet, qui peut

» s'exécuter dans trois semaines, en commençant dans » deux jours les préliminaires. 11 y a une terre à vendre » près de Dieppe. Je l'achèterai ; je mènerai, à chaque » voyage, un homme sûr à moi, ayant à peu près la » taille et la figure du Roi, une femme de l'âge de la » Reine, et mon fils, qui est de l'âge du Dauphin. Vous » savez de quelle faveur je jouis parmi les patriotes. » Quand on m'aura vue voyager avec cette suite deux » fois, il me sera facile d'amener une troisième fois la » famille royale, car je puis fort hien voyager avec » mes deux femmes, et Madame Elisabeth sera la se- » conde. Voyez si vous voulez vous charger de la pro- » position. Il n'y a pas de temps à perdre. Rendez-moi, » ce soir ou demain, la réponse du Roi. »

Avant de se rendre chez Madame Elisabeth, Malouet vit Montmorin. Il connaissait déjà le projet deMmede Staël et le trouvait bon. De plus, il s'était assuré du concours de M. de Liancourt, qui commandait à Rouen, et qui avait quatre régiments à ses ordres. Il serait facile, pensait Montmorin, de les poster à Pontoise, où les gardes suisses pouvaient conduire la famille royale. Enfin, depuis le 21 juin, Malouet et Montmorin avaient arrangé avec l'ordonnateur de la marine du Havre, M. de Mistral, dévoué au Roi, l'armement d'un yacht qui aurait reçu les fugitifs à Rouen et les eût portés d'abord au Havre et, à la dernière extrémité, en Angleterre. De cette façon, soit que l'on s'arrêtât à Rouen, soit que Ton gagnât la terre dont parlait Mm0 de Staël, et qui était celle de la Motte, au bord de la mer, entre

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