‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 157 sur 284 · MALOUET CONSULTÉ PAR MADAME ÉLISABETH · texte numérisé non relu

MALOUET CONSULTÉ PAR MADAME ÉLISABETH

ils se taisent, ne trouvant pas de mots pour exprimer leur angoisse ! Enfin, Montraorin s'écrie : « Il faut en » prendre notre parti 1 Nous serons tous massacrés et » ce ne sera pas long l » L'infortuné ne se trompait pas.

Mais si l'incertitude de Louis XVI inspirait cet effroi chez Montmorin, elle ne rassurait pas son entourage aux Tuileries. L'agitation du Roi avait redoublé après le départ de La Porte, et la soirée s'était écoulée morne et douloureuse pour les princesses. Rentrée chez elle, Madame Elisabeth ne se coucha pas. A minuit, elle fait appeler le baron de Gilliers, gentilhomme particulièrement attaché à ses affaires depuis la suppression de sa maison, et qui mérite sa confiance. Gilliers la trouve dans une inquiétude qui le gagne lui-même. « Nous ignorons, lui dit-elle, la Reine et moi, ce que » M. Malouet a écrit au Roi. Mais il est si troublé, si » agité, que nous désirons avoir connaissance de cette » lettre. Rendez-vous chez M. Malouet et priez-le, de » ma part, de vous la confier, s'il a la minute, ou de » m'en envoyer le contenu (1). »

Il était près d'une heure du matin, et des Tuileries à l'extrémité de la rue d'Enfer, où demeurait Malouet, la distance était longue. Gilliers arriva à deux heures <îhez Malouet, eut quelque peine à se faire ouvrir, et pénétra enfin dans sa chambre, où il s'acquitta de sa mission. Malouet lui remit la lettre. Le jour paraissait quand, revenu aux Tuileries, Gilliers la présenta à Madame Elisabeth. « Elle la lut attentivement et ré- » fléchit longtemps, raconte le messager. « Ahl dit-

(1) Mémoires de Malouet, t. II, p. 153-154.

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