‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 156 sur 284 · CONSTERNATION DE MONTMORIN · texte numérisé non relu

CONSTERNATION DE MONTMORIN

vouées, tels que les bataillons des Filles Saint-Thomas et des Petits-Pères. Enfin, de désigner l'officier général en qui il avait confiance pour commander les divers rassemblements projetés.

La lettre est remise à La Porte, qui doit revenir le soir même apporter une réponse à l'hôtel Montmorin. Les heures s'écoulent. La nuit commence. Malouet et Montmorin attendent avec anxiété. La Porte arrive enfin, mais la déception est peinte sur ses traits altérés. « Il a présenté la lettre au Roi, après le dîner, dans le » cabinet de la Reine, où il était avec cette princesse » et Madame Elisabeth. Le Roi l'a lue sans mot dire, » sans la communiquer. Il s'est promené à grands pas » avec l'air de la plus vive agitation. La Reine lui a » demandé de qui était cette lettre. Sa Majesté a ré- » pondu : « Elle est de M. Malouet. Je ne vous la com- » munique pas, parce qu'elle vous troublerait. Il nous » est dévoué. Mais il y a de l'exagération dans ses » inquiétudes et peu de sûreté dans ses moyens. Nous » verrons. . . rien ne m'oblige encore à prendre un parti » hasardeux... L'affaire de Varennes est une leçon ! »

« La Reine et Madame Elisabeth ont gardé le silence. » La Porte a espéré en vain obtenir un mot, un ordre ! » La scène est devenue pénible et embarrassée. Il a » dû prendre congé. On l'a laissé partir sans lui faire » une seule question, sans le charger de la moindre » réponse. ..» Montmorin et Malouet se regardent consternés. Pour eux, cette inaction de Louis XVI est l'arrêt de mort ! Et, en effet, La Porte et Montmorin sont déjà marqués pour le carnage (1). A leur tour

(1) Tous deux furent massacrés le 3 septembre.

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