ILLUSION DE MADAME ÉLISABETI
Le soir du même jour retrouva l'ancien ministre et ses amis encore réunis sous l'ombre du jardin de la rue Plumet, et discutant tristement toutes les chances de cette horrible position. Malesherbes proposa de conseiller au Roi une sorte d'abdication momentanée, et de l'engager à autoriser l'Assemblée à nommer un conseil de régence jusqu'à ce que la paix fût faite. Il se trouva, comme on le verra plus loin, que cet avis avait été suggéré à Louis XVI par le député Girondin Gensonné, le matin même. Montmorin et Malouet repoussèrent cette humiliante proposition et tentèrent encore de ramener le Roi au plan d'évasion exposé le 5 août. Ils se séparèrent pour ne plus se revoir. L'hôtel Montmorin se ferma. Moins d'un mois ensuite, l'ancien ministre était massacré. Sa veuve et son fils devaient se retrouver auprès de Madame Elisabeth, au pied de l'échafaud !
Il reste à connaître maintenant sur quelle base reposaient les confiantes espérances de Madame Elisabeth, son hésitation à entrer dans les vues des constitutionnels et à s'expliquer comment, après les scènes lugubres du 20 juin et du 14 juillet, après la lettre que nous lui avons vu écrire à l'abbé de Lubersac le 20 juillet, elle avait repris des illusions assez vives pour croire à la possibilité d'une entente avec les chefs jacobins.
Dans l'extrémité où l'on se trouvait, le Roi s'était décidé à traiter avec les Girondins d'abord, ensuite