NÉGOCIATIONS DE LA COUR AVEC LES GIRONDINS
avec les principaux factieux de l'Assemblée. La politique et la prudence lui conseillaient de chercher à gagner les uns par l'espoir de places lucratives qui flatteraient leur ambition et leur cupidité, et les autres par l'appât de sommes considérables, dans l'espoir de détourner ainsi l'orage qui était à la veille d'éclater.
Le peintre Boze, dévoué à la famille royale, se trouvait en relation avec Vergniauld, Gensonné et d'autres députés de la Gironde. Louis XVI le chargea de chercher à s'entendre avec eux. La tentative réussit. Gensonné écrivit à Boze, au nom de Guadet et de Vergniauld, une lettre assez importante pour que, deux ans plus tard, elle soit devenue une pièce à l'appui de l'acte d'accusation dressé par Amar contre lui et ses collègues. Cette lettre, dans laquelle ils protestaient de leur dévouement à la monarchie de Louis XVI, fut présentée au Roi par Thierry, l'un de ses premiers valets de chambre, et contribua à confirmer le malheureux prince dans la conviction où il était qu'un arrangement était préférable à une évasion.
Mais la Cour savait fort bien que le parti girondin était loin d'avoir conservé son ancienne influence. Il fallait en même temps s'assurer des chefs jacobins. Des négociations s'ouvrirent secrètement avec Pétion, San terre, Lacroix et d'autres hommes de cette opinion, par l'intermédiaire d'une personne attachée à la maison de Madame Elisabeth (4). La réponse qu'ils donnèrent tout d'abord est singulière, et contraste, par sa franchise, avec l'emphase de la lettre de Gensonné.
(1) Mémoires de Malouet.