‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 178 sur 284 · LES SERVITEURS DU ROI SONT ÉLOIGNÉS · texte numérisé non relu

LES SERVITEURS DU ROI SONT ÉLOIGNÉS

» des esclaves du despotisme. Leur plus grand sup- » plice sera d'entendre crier : Vive la Nation et la » liberté. » Il ajouta que le Roi et la Reine n'ayant que des traîtres pour amis, toute correspondance leur serait interdite.

Dès le matin suivant, les serviteurs fidèles qui avaient suivi la famille royale aux Feuillants reçurent l'ordre de s'éloigner. « Je suis donc en prison, leur » dit Louis XVI, et moins heureux que Charles Iot, qui » conserva ses amis jusqu'à 1 echafaud. » Puis il leur témoigna son regret de les quitter et leur ordonna de se retirer. La Reine et Madame Elisabeth leur exprimèrent leur reconnaissance et refusèrent avec émotion d'accepter l'or que ces hommes dévoués offraient de laisser aux prisonniers. « Vous en aurez plutôt » besoin que nous, leur dit tristement Louis XVI , ayant, » je l'espère, plus de temps à vivre. »

L'Assemblée dispensa la famille royale d'assister à la séance du dimanche 12 août. Cette journée fut employée à se disposer au départ pour le Temple, fixé au lendemain. A force de représentations, Louis XVI avait obtenu que M. de Chamilly serait laissé pour son service, MmeB Thibaut et Navarre pour celui de la Reine et de Madame Elisabeth, et que deux femmes suivraient le Dauphin. M. Hue, valet de chambre de ce jeune prince, connaissant Pétion de longue date, obtint, par son entremise, la permission de l'accompagner au Temple. Pétion permit aussi à la Reine de réunir M1U de Tourzel à sa mère. Epargnée par les massacreurs du 10 août, elle avait été recueillie par la marquise de Lède, dans son hôtel de la rue de Grenelle. M. de Tourzel, son frère, la con-

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