‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 182 sur 284 · LOGEMENTS DE LA FAMILLE ROYALE AU TEMPLE · texte numérisé non relu

LOGEMENTS DE LA FAMILLE ROYALE AU TEMPLE

» raconte Ml!e de Tourzei (qui n'avait de logis dans aucun coin de la prison,) « dit à ma mère qu'elle se » chargeait de moi. Elle fit mettre un lit de sangle » près du sien, et nous passâmes ainsi la première » nuit sans dormir. Il nous eût été difficile de prendre » quelque repos. La chambre qui précédait cette » cuisine servait de corps de garde, et Ton peut se » douter du bruit qu'on y faisait (1). »

Le lendemain à huit heures, continue la même narratrice, c nous descendîmes chez la Heine qui déjà » était levée, et dont la chambre devait servir de salon de réunion. Depuis, on y passa des journées en- » tières, et Ton ne montait au second que pour se » coucher. L'on ne fut jamais seule dans cette cham- » bre de la Reine ; toujours un officier municipal était » présent ; mais à chaque heure, un nouveau muni- » cipal relevait celui qui avait fait son service. Tous » nos effets avaient été pillés dans notre appartement » des Tuileries ; je ne possédais absolument que la » robe que j'avais sur le corps lors de ma sortie du » château. Madame Elisabeth, à qui on venait d'en- » voyer quelques effets, me donna une de ses robes. » Elle ne pouvait aller à ma taille ; nous nous occu- » pâmes de la découdre pour la refaire. Tous les » jours, la Reine, Madame Elisabeth y travaillaient. » C'était notre occupation ; mais on ne nous laissa » pas le temps d'achever notre ouvrage. »

Le 17 août, la Commune avait ordonné l'enlèvement des sept personnes qui avaient été autorisées à suivre la famille royale au Temple. Manuel,

(1) Souvenirs de Quarante ans, pages 150 et 151.

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