‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 183 sur 284 · DÉPART DE MESDAMES DE TOURZEL ET DE LA M BALLE · texte numérisé non relu

DÉPART DE MESDAMES DE TOURZEL ET DE LA M BALLE

ému de pitié, essaya vainement de faire revenir le Conseil général sur cet arrêté. « Dans la nuit du 19 » au 20, poursuit Ml,e de Tourzel, nous entendîmes » frapper. A travers la porte de notre chambre, on » nous signifia, de la part de la Commune de Paris, » Tordre qui venait d'être donné d'enlever du Temple » la princesse de Lamballe, ma mère et moi. Madame » Elisabeth se leva sur le champ, m'aida elle-même » à m'habiller, m'embrassa et me conduisit chez la » Reine. Nous trouvâmes tout le monde sur pied. » Notre séparation d'avec la famille royale fut déchi- » rante. Quoique l'on nous assurât que nous revien- » drions après avoir subi un interrogatoire, un senti- » ment secret nous disait que nous la quittions pour » longtemps. »

Effectivement, il n'y eut que Hue, valet de chambre du Dauphin, qui, dans la journée du 20 août, fut ramené à la Tour. A six heures, Manuel vint dire au Roi qu'il avait échoué dans ses démarches et qu'il avait le regret de lui annoncer que madame de Lamballe et ses compagnes avaient été conduites à la prison de La Force, ainsi que M. de Chamilly. La douleur de la Reine fut inexprimable. Dans la pensée de l'arracher à ses funestes pressentiments par une occupation forcée, Madame Elisabeth l'engagea à rassembler les effets laissés par les prisonnières et à leur envoyer les choses qui leur étaient nécessaires. Manuel, avec un étonnement qu'il ne cherchait pas à dissimuler, regarda les princesses réunir les paquets de linge et de vêtements, les compter et les attacher. Il ne pouvait s'expliquer le calme et la présence d'esprit de ces nobles femmes dans une telle circonstance,

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