‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 187 sur 284 · PÉTION OFFRE DE DÉNONCER LES TRAITRES · texte numérisé non relu

PÉTION OFFRE DE DÉNONCER LES TRAITRES

niers ; mais ces nouvelles, difficiles à saisir, étaient presque impossibles à comprendre.

En revanche, il y avait d'autres communications que les municipaux s'empressaient de procurer aux prisonniers. Ils connurent ainsi, dans les derniers jours d'août, le supplice de La Porte, cet intendant de la liste civile dont il a été parlé à l'époque des réunions du comité Montmorin, et celui de M. de Rosoy, le courageux rédacteur de la Gazette de Paris. L'échafaud, dressé pour eux sur la grande place du Carrousel, tarda peu à être transporté sur la place Louis XV.

Pétion était souvent en rapports avec la famille royale. Ce misérable n'était pas sans remords de la trahison du 10 août, et, quand il échappait à la domination de Robespierre, il cherchait à se montrer favorable aux demandes de Hue, dont il était, comme on l'a dit, connu de longue date. Soit pour essayer de s'excuser, soit par esprit de vengeance contre certains individus, il offrit même de dénoncer les espions qui, pendant le séjour aux Tuileries, l'avertissaient des projets de la cour, et livraient journellement au parti jacobin des copies de lettres et des rapports sur ceux des actes de la famille royale qu'ils considéraient comme suspects. Une liste des noms de ces traîtres fut remise à Hue, pour être examinée par Madame Elisabeth. Elle refusa d'y jeter les yeux et la rendit à Hue, en lui conseillant de la déchirer. Dans la suite, Chaumette, procureur de la Commune après Manuel, renouvela cette dénonciation, qui fut accueillie de même.

Manuel aussi se laissait parfois gagner par le respect et la pitié, dans les moments de calme. Il céda aux

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