PROCLAMATION DE LA RÉPUBLIQUE
des électeurs, et le scrutin attesta un nombre consi dérable d'abstentions. Dès le 4 septembre, au milieu même des massacres, la royauté avait été abolie dans la séance du jour. Le 21 septembre, un officier municipal se rendit au Temple, et donna lecture de la proclamation de la République à Louis XVI et à sa famille.
« La Royauté est abolie en France. Tous les actes » publics seront datés de la première année de la » République. Le sceau de l'Etat portera pour légende » ces mots : « République de France. » Le sceau na- » tional représentera une femme assise sur un faisceau » d'armes, tenant à la main une pique surmontée du » bonnet de la Liberté. »
Les municipaux de service auprès des prisonniers s' attendaient à les voir accueillir cette nouvelle avec une vive émotion. Il n'en fut rien. Le Roi lisait et ne montra aucun étonnement. La Reine demeura fort calme, et Madame Elisabeth ne quitta pas même des yeux la tapisserie à laquelle elle travaillait. Le soir, Louis XVI ayant à formuler une demande de rideaux pour le Dauphin, se servit de ses expressions habituelles. Les commissaires s'indignèrent et déclarèrent qu'ils n'avaient désormais affaire qu'à « Monsieur » Capet, et que rien ne serait accordé pour le Roi. » Une assez violente discussion s'établit. Madame Elisabeth s'interposa. Elle décida que les demandes seraient faites « au nom de Louis XVI, de Marie-Antoinette, » de Louis-Charles, de Marie- Thérèse et de Marie- » Elisabeth. » Les commissaires se soumirent en grommelant, et les insultes augmentèrent à compter de ce jour.