‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 193 sur 284 · GROSSIÈRETÉ DE SIMON · texte numérisé non relu

GROSSIÈRETÉ DE SIMON

On activait alors les travaux commandés pour la disposition de la grosse tour du Temple, et des ouvriers du dehors se joignaient souvent aux employés pour outrager la famille royale. Parmi les commissaires chargés d'inspecter les travaux, se trouvait un cordonnier nommé Simon, ami de Marat, près duquel il demeurait. Cet homme surpassait ses camarades en rudesse et en grossièreté. La Reine, par un pressentiment maternel, l'avait en horreur. Madame Elisabeth sut que sa femme était malade à l'Hôtel-Dieu et lui demanda un matin comment elle se trouvait. « Mieux, » lui répondit le misérable en la regardant insolem- » ment. Et il ajouta : c'est un plaisir de voir actuelle- » ment les dames de l'Hôtel-Dieu, elles ont bien soin » des malades ; je voudrais vous les montrer. Elles » sont aujourd'hui habillées comme ma femme, » comme vous, Madame, ni plus ni moins. » Apprenant ainsi que le gouvernement républicain avait chassé des hôpitaux les filles de la charité, Madame Elisabeth pleura en songeant aux religieuses de Saint- Cyr, dont le sort avait dû être plus cruel encore au milieu de pareils événements.

Le monastère royal existait encore. Un acte d'autorité alors inaperçu venait même de s'y accomplir, lorsque les prisons s'ouvraient aux asssassins et que des bandes d'égorgeurs enfonçaient les portes des couvents et n'épargnaient ni la jeunesse, ni l'innocence. C'était le 3 septembre. La communauté, prisonnière, tremblait pour les jeunes filles enfermées danslemonastère. Dans ces circonstances, un jeune homme, Napoléon Bonaparte, frère d'une des pensionnaires, vint demander à Mma de Crécy, supérieure du couvent, de lui laisser

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