LE MAIRE DE PARIS AU TEMPLE
fâmes articles, la conduite de la sœur de Louis XVI, furent par un incroyable raffinement de cruauté, communiqués à la famille captive (1).
Le 8 décembre, l'aide de cuisine Turgy parvint à se procurer un journal et une brochure, que Cléry cacha sous un vieux meuble de l'antichambre. Madame Elisabeth avertie les retira, et la famille royale eut ainsi connaissance du décret qui traduisait « Louis Capet à » la barre de la Convention. » La brochure était un mémoire, aussi éloquent que courageux, publié par l'ancien ministre Necker sur le procès du Roi.
Le 11 décembre, vers cinq heures du matin, la générale battait dans tous les quartiers de Paris et la cour du Temple se remplissait de troupes et de canons. A onze heures, deux municipaux venaient chercher le Dauphin chez le Roi et le conduisaient chez sa mère. « Comme le bruit augmentait, a raconté le municipal » de service auprès du Roi (2), je m'approchai de » Louis, et lui annonçai qu'il allait recevoir la visite » du maire de Paris. Ah ! tant mieux, répondit il. » Est-ce un homme gros, grand, jeune, vieux ? Je ne » le connais qu'imparfaitement, lui dis-je. Je sais » qu'il est d'un âge moyen, maigre et assez grand. » « Savez-vous ce qu'il a à me dire ? Il vous l'apprendra » lui-même. Louis resta pendant une heure dans son » fauteuil. Il était si rêveur que je passai devant lui » sans qu'il m'aperçût... »
Chambon de Montaux, maire de Paris depuis le 2 décembre, ancien médecin de la Salpétrière, était
(1) Mémoires de Cléry.
(2) Rapport à la Commune donné en entier dans le recueil intitulé Procès des Bourbons.