‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 207 sur 284 · ENTRETIEN DE MADAME ÉLISABETH AVEC CLÉRT · texte numérisé non relu

ENTRETIEN DE MADAME ÉLISABETH AVEC CLÉRT

» faire la demande, et que sans doute il l'obtiendrait. » La Reine et moi, me répondit cette princesse, nous » nous attendons à tout, et nous ne nous faisons » aucune illusion sur le sort que Ton prépare au Roi. » Il mourra victime de sa bonté et de son amour » pour son peuple, au bonheur duquel il n'a cessé de » travailler depuis son avènement au trône. Qu'il est » cruellement trompé ce peuple ! La religion du Roi » et sa grande confiance dans la Providence le sou- » tiendront dans cette cruelle adversité. Enfin, ajouta » cette vertueuse Princesse les yeux remplis de » larmes, Cléry, vous allez rester seul près de mon » frère : redoublez, s'il est possible, de soins pour » lui ; ne négligez aucun moyen de nous faire par- » venir de ses nouvelles ; mais, pour tout autre objet, » ne vous exposez pas, car alors nous n'aurions plus » personne à qui nous confier. J'assurai Madame » Elisabeth de son dévouement au Roi et nous con- » vînmes des moyens à employer pour entretenir une » correspondance.

» Turgy était le seul que je pusse mettre dans le » secret , mais je ne pouvais lui parler que rarement » et avec précaution. Il fut convenu que je continue- » rais de garder le linge et les habits de M. le Dau- » phin; que tous les deux jours j'enverrais ce qui lui » serait nécessaire, et que je profiterais de cette oc- » casion pour donner des nouvelles de ce qui se » passerait chez le Roi. Ce plan fit naître à Madame » Elisabeth l'idée de me remettre un de ses mou- » choirs. « Vous le retiendrez, me dit-elle, tant que » mon frère se portera bien. S'il arrivait qu'il fût » malade, vous me l'enverriez dans le linge de mon

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