ENTRETIEN DE MADAME ÉLISABETH AVEC CLÉRY
» neveu. » La manière de le ployer devait indiquer » le genre de maladie.
» La douleur de cette princesse en me parlant du » Roi, son indifférence sur sa situation personnelle, » le prix qu'elle daignait attacher à mes faibles ser- » vices auprès de sa Majesté, tout m'émut profondé- » ment. Avez-vous entendu parler de la Reine, me » dit-elle avec une espèce de terreur! Hélas! que » pourrait-on lui reprocher ? — Non Madame, mais » que peut-on reprocher au Roi? — Oh ! rien, non, » rien. Mais peut-être regardent-ils le Roi comme une » victime nécessaire à leur sûreté. La Reine, au con- » traire, et ses enfants, ne seraient pas un obstacle à » leur ambition. Je pris la liberté de lui observer » que le Roi ne serait condamné qu'à la déportation ; » que j'en avais entendu parler, et que l'Espagne » n'ayant pas déclaré la guerre, il était vraisemblable » qu'on y conduirait le Roi et sa famille. » — « Je n'ai » aucun espoir, me dit-elle, que le Roi soit sauvé ! »
A la suite de cet entretien, Gléry aidé de l'actif et dévoué Turgy, parvint à établir une sorte de correspondance journalière entre les deux étages de la tour pendant toute la durée du procès de Louis XVI. Le 47, il put même remettre au Roi un billet tracé avec des piqûres d'épingles, par lequel Madame Elisabeth suppliait le Roi de lui écrire un mot de sa main. On avait rendu à Louis XVI l'encre et ie papier depuis le commencement de son procès. Le Roi écrivit, et Turgy lui apporta la réponse de sa sœur dans un peloton de fil qu'il fit rouler sous le lit de Cléry, en passant près de la porte de sa chambre. Ce mode de correspondance dura jusqu'à ce que Gléry eût fait une