LETTRE DU ROI A LA CONVENTION NATIONALE
A deux heures, le conseil exécutif vint notifier au Roi les décrets que Ton vient de lire. Grouvelle, secrétaire du conseil, les lui fit connaître d'une voix tremblante. Louis les écouta sans que la moindre altération parut sur ses traits. 11 prit le décret que lui tendait la main glacée de Grouvelle, le plaça dans son portefeuille et remit à Garât, ministre de la justice, une lettre pour la Convention nationale. Gomme Garât hésitait à la prendre, le Roi ajouta : « Je vais » vous en faire lecture ; » et d'une voix tranquille » et assurée, il lut : « Je demande un délai de trois » jours pour pouvoir me préparer à paraître devant » Dieu. Je demande pour cela de pouvoir librement » voir la personne que j'indiquerai aux commissaires » de la Commune, et que cette personne soit à l'abri » de toute crainte et de toute inquiétude pour cet » acte de charité qu'elle remplira auprès de moi.
» Je demande à être délivré de la surveillance per- » pétuelle que le conseil général a établie depuis » quelques jours. * . .. : ,:V-
» Je demande, dans cet intervalle, de pouvoir voir » ma famille quand je le demanderai, et sans témoins. » Je désirerais bien que la Convention nationale s'oc- » cupât tout de suite du sort de ma famille, et qu'elle » lui permît de se retirer librement où elle le jugerait » a propos.
» Je recommande à la bienfaisance de la nation » toutes les personnes qui m'étaient attachées : il y » en a beaucoup qui avaient mis toute leur fortune » dans leurs charges, et qui, n'ayant plus d'appoin- » tements, doivent être dans le besoin, ainsi que » d'autres qui ne vivaient que de leurs appointements.