‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 252 sur 284 · RAPPORT SUR LA DURETÉ DK SIMON · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LA DURETÉ DK SIMON

» faire une paire de bas pour mon frère. Nous le lui en- >i voyàmes, ainsi que tout ce que nous trouvâmes de » soie et de laine, car nous savions combien elle aimait » à s'occu per . . . mais nous apprîmes qu'on ne lui avait » rien remis, dans la crainte, disait-on, qu'elle ne se » fit mal avec les» aiguilles. » Il n'en fut pas de môme de quelques paquets de linge, qui parvinrent à la Reine. Les prisonnières surent qu'en les déballant elle avait souri, et dit en montrant à ses gardiennes le soin avec lequel le linge était plié : « Je reconnais » là ma sœur Elisabeth. » Mais ces ombres de consolation s'effaçaient vite, et la lourde chaîne de l'infortune retombait de tout son poids sur les captives. Depuis le départ de la Reine, elles avaient régulièrement des nouvelles du Dauphin, et ces nouvelles les désolaient. Madame Royale connut alors quels traitements subissait son frère. « Nous l'entendions ») tous les jours, dit-elle, chanter avec Simon, la Car- » magnole, l'air des Marseillais et raille autres hor- « reurs. Simon le faisait chanter aux fenêtres pour » être entendu par la garde, et il lui apprenait à pro- » noncer des jurements affreux contre Dieu, contre sa »> famille, contre les aristocrates. »

Vers la fin d'août, l'enfant, que Simon faisait manger avec excès, et qu'il accoutumait à boire du vin et de l'eau-de-vie, tomba malade. Une amie de la femme Simon lui donna une drogue de charlatan qui lui fît maletqui troubla, dès lors, profondément sa santé (1). De son côté, Madame Royale éprouva une grave indisposition, causée par le saisissement et l'inquiétude.

{\) Beauchesne. Relation de Madame Royale.

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