INTERROGATOIRE DE MADAME ROYALE
» remontera. J'embrassai ma tan le, qui était toute » tremblante, et je descendis. J'étais bien embar- » rassée, c'était la première fois que je me trouvais » seule avec ces hommes. J'ignorais ce qu'ils me » voulaient. Je me recommandai à Dieu ; Chaumette, » dans l'escalier, voulut me faire des politesses, je » ne lui répondis pas. »
David était descendu le premier et avait déjà pénétré dans la salle du conseil. Il avait demandé à voir le « fils du tyran » et à l'entendre déclarer qu'il reconnaissait comme exact et vrai ce qu'il avait signé la veille. L'enfant, tenu par Simon, fit d'abord un geste affirmatif. David et Simon exigèrent qu'il dît oui, et il le dit. Il achevait de parler quand il entendit une voix qui pour lui fut celle d'un ange. Use retourne et tombe dans les bras de sa sœur, qui entrait avec Chaumette. Alors, pendant deux minutes, se passa une scène dont le seul souvenir a dû être une expiation pour ceux qui en furent les impitoyables témoins. Les deux enfants, entrelacés, unissaient leurs larmes, leurs sourires, leurs cris de bonheur et de souffrance! un seul cœur battait en eux. Jamais martyrs chrétiens ne furent aussi touchants à voir, à cette antique époque où la persécution païenne ne s'arrêtait pas non plus devant l'innocence et la beauté. 0 David 1 David ! pourquoi vos yeux sont-ils demeurés secs devant ce divin groupe, que ne l'avez-vous reproduit pour la postérité avec votre incomparable pinceau ? Que n'êtesvoas tombé à genoux devant ces enfants des Rois, rayonnants de la double auréole de l'infortune et de la jeunesse ! Le génie, le talent et la pitié ne sont-ils donc rien devant la tyrannie de l'ambition et de la terreur 1