‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 265 sur 284 · MADAME ÉL1SABETH IGNORE LA MOHT DE LA REINE · texte numérisé non relu

MADAME ÉL1SABETH IGNORE LA MOHT DE LA REINE

doute été arrachée. La cruauté du tribunal révolutionnaire, en privant la captive du Temple de cette dernière consolation, a légué le testament de Marie- Antoinette à l'histoire, à la pitié et au respect de tôus les âges. Un trait de cette vénération mérite d'avoir sa place dans ce récit.

En 4853, le souverain que la France démocratique avait appelé au trône impérial parcourait le Musée du Louvre avec sa jeune et belle épouse. Tous deux étaient au comble des félicités humaines. Us admiraient, entourés de leurs amis et de leurs courtisans, les richesses dont ils étaient devenus les maîtres. Leur entrée au Louvre venait d'être acclamée par une population enthousiaste. Le présent était pour eux l'accomplissement du plus beau rêve, et l'avenir leur paraissait sans nuages. Tout à coup, ils s'arrêtèrent devant une feuille de papier jaunie que les archives de la République de 93 avaient transmises au Directoire, au Consulat, à l'Empire de 1 804, à la Royauté de 1814, à celle de 1830, à la République de 1848, et enfin au gouvernement de 1852. Emus d'un indicible respect, l'empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie invitèrent le conservateur du Musée à leur lire à haute voix la lettre de la Reine Marie-Antoinette à Madame Elisabeth, voulant ainsi rendre un hommage public à la mémoire des deux infortunées Princesses (I).

(1) Mémoires inédits.

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