‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 267 sur 284 · DÉPOSITION CONTRE MADAME ÉLISABETH · texte numérisé non relu

DÉPOSITION CONTRE MADAME ÉLISABETH

» vraient ses gardiens, à l'occasion de la mort de sa » mère ! » (1)

Il y eut ce soir-là, entre Simon et sa femme, une querelle assez vive pour que Madame Elisabeth en entendit les clameurs. Elle craignit que l'enfant n'en eût été encore la victime et tenta de l'apercevoir les jours suivants sur la tour. Il y vint le i8 octobre, et, soit pitié de Simon, soit hasard, l'enfant s'arrêta de façon à être vu distinctement de sa tante. Ils échangèrent un regard douloureux. Ce fut pour la dernière fois. Les événements se précipitaient. Le silence de la séquestration et l'ombrede la mort allaient se répandre autour de l'enfant et de sa seconde mère.

Ennuyé de la vie de réclusion, Simon attendait impatiemment la réalisation du vœu exprimé par Chaumette, pour la translation des prisonniers dans les prisons ordinaires de la ville. Le comité de Salut public, plus circonspect que la Commune, retardait l'adoption de cette mesure, et prétendait maintenir les débris de la famille royale au Temple, mais la Commune ne se tint pas pour battue. Elle fit de nouvelles perquisitions chez les Princesses, espérant y découvrir quelques papiers compromettants, et ne trouva rien. Simon fut encore requis d'employer sa victime pour obtenir les armes qui manquaient contre sa seconde mère.

Un nouveau et absurde procès-verbal fut fabriqué en deux fois (le 26 octobre et le 3 décembre), signé par le Dauphin et daté du 13 frimaire (3 décembre) :

« Ce jourd'hui, 13 frimaire, l'an II de la Répu-

(1) Beaiicbesne.

i50 DÉPOSITION CONTRE MADAME ÉLISABETO.

» blique une et indivisible, nous, commissaires de la » Commune, de service au Temple, sur l'avertisse- » ment à nous donné par le citoyen Simon que > Charles Capet avait à dénoncer des faits qu'il nous » importait de connaître pour le salut de la Répu- » blique, nous nous sommes transportés, quatre » heures de relevée, dans l'appartement dudit Charles » Capet, qui nous a déclaré ce qui suit : « Que, depuis » environ quinze jours ou trois semaines, il entend » les détenues frapper tous les jours consécutifs, entre » six heures et neuf heures ; que, depuis avant-hier, »> ce bruit s'est fait (un peu plus tard et a duré plus » longtemps que tous les jours précédents ; que ce » bruit paraît partir de l'endroit correspondant au » bûcher ; que, de plus, il connaît, à la marche qu'il » distingue de ce bruit, que pendant ce temps les » détenues quittent la place du bûcher par lui indi- »> quée, pour se transporter dans l'embrasure fle la » fenêtre de leur chambre à coucher, ce qui fait pré- » sumer qu'elles cachent quelques objets dans ces » embrasures ; il pense que ce pourrait être de faux » assignats, mais qu'il n'en est pas sûr, et qu'elles » pourraient les passer par la fenêtre, pour les com- » muniquer à quelqu'un.

» Ledit Charles nous a également déclaré que, » dans le temps qu'il était avec les détenues, il a vu » un morceau de bois garni d'une épingle crochue et » d'un long ruban, avec lequel il suppose que les dé- » tenues ont pu communiquer par lettres avec feu » Capet.

» Et de plus, que ledit Charles se rappelle qu'il lui » a été dit que, s'il descendait avec son père, il lui fit

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