‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 268 sur 284 · DÉPOSITION CONTRE MADAME ÉLISABETH · texte numérisé non relu

DÉPOSITION CONTRE MADAME ÉLISABETH

»> ressouvenir de passer tous les jours, à huit heures » et demie du soir, dans le passage qui conduit à la » tourelle, où se trouve une fenêtre de l'appartement » des détenues.

»> Charles Capet nous a déclaré de plus qu'il est for- » tement persuadé que les détenues avaient quelques » intelligences ou correspondances avec quelqu'un.

» De plus, nous a déclaré qu'il avait entendu lire » dans une lettre que Gléry avait proposé à feu Capet » le moyen de correspondance présumé par lui dé- » clarant, que Capet avait répondu à Cléry que cela » ne pouvait se pratiquer, et que cette réponse n'avait » été faite à Cléry qu'à la fin qu'il ne se doutât pas >» de ladite correspondance.

» Déclare qu'il a vu les détenues fort inquiètes, parce » qu'une de leurs lettres était tombée dans la cour.

» Ayant demandé au citoyen Simon s'il avait con- » naissance du bruit ci-dessus énoncé, il a répondu » qu'ayant l'ouïe un peu dure, il n'avait rien en- » tendu ; mais la citoyenne Simon son épouse a con- » firmé les dires dudit Charles Capet relativement au » bruit.

» Ledit citoyen Simon nous a dit que, depuis en- » viron huit jours, ledit Charles Capet se tourmentait » pour faire sa déclaration aux membres du Conseil.

» Lecture faite aux dits déclarants, ont reconnu » contenir vérité et ont signé ledit jour et an que » dessus.

^ » Signé : Charles Capet ; Simon ; femme Simon ; » Remy; Séguy; Robin; Sillans. » (1).

[{) Archives nationales. Armoire de fer.

4 >2 NAUDIN AU TEMPLF. .

Est-il dans la longue suite des méfaits révolutionnaires « rien de plus odieux que cette intrigue téné- » breuse, ourdie pour exploiter la peur et l'ignorance » d'un enfant qui, vaincu par les mauvais traitements, » témoigne contre la mémoire de son père, concourt » à la mort de sa mère, déjà sur les marches de » i'échafaud, et contribue à pousser vers le même j> but sa seconde mère ! Employer l'innocence au » crime, n'est-ce pas un plaisir de démon (I). »

La Commune de Paris recula devant l'impossibilité d'asseoir une accusation capitale sur de pareils motifs. Un membre du Conseil général se borna à déclarer « que le récit d'un enfant dénonçant lui-même » les petites intrigues de sa mère et de sa tante, ne » pouvait que plaire à la moralité du Conseil géné- » rai. » La situation des prisonniers demeura la même, au vif mécontentement de Simon. Mal payé, il savait que ses orgies étaient connues, et que des rapports avaient été faits contre lui. Sa position lui devint de plus en plus pesante. Marie-Jeanne tomba malade, et un médecin fut appelé au Temple pour lui donner des soins (2). C'était un chirurgien de l'Hôtel-Dieu, nommé Naudin, homme âgé et respectable qui demeurait dans le voisinage. En quittant la femme Simon, il traversa la chambre où son mari était attablé avec des municipaux qui buvaient et fumaient. L'enfant royal était parmi eux. Ces hommes le pressaient de chanter des couplets impies que Simon disait lui avoir appris. L'apparition du docteur réveilla

(1) Beauchesne. Madame Elisabeth. II.

(2) Fin de décembre

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