SCÈNE XII
MONTGISGÂR, puis 3IADAME DE GOBERYILLE, puis OCTAVE.
MONTGISGAR.
Ce garçon là ne fera jamais un financier... (Regardant autour de lui.) Personne!... racommodons Pollux. (Lisant l'inblruc'iion coliée sur la bouteille.) Etendre \ine lerjère COUche sur la partie fracturée. — Nota : L'effet de ce mastic est tellement puissant que si Vopèratmr en laissait couler quelques gouttes entre ses doigts^ il ne pourrait plus les ouvrir. (incrédule.) Oh! oh ! quelle farce! (Lisant.) /i devrait alors plonger immédiatement sa main dans Veau bouillante! (Changeant de Ion.) Ah! diable!... il ne faut pas jouer avec ça. (il lire le bras de sa poche et s'approche de la statue.) Vovons. .. il s'agit de recoller ça artistement. (ii approche un escabeau.)
MADAME DE GOBERVILLE, entrant par la droite, à part*.
Il doit m'atlendre ici... en dessinant... (Apercevant Momgiscar de dos.) Ah! c'est lui... **
MONTGISGAR.
Oh! quelqu'un? (ll cache vivement le bras derrière son dos.) MADAME DE GOBERVILLE.
M. Montgiscar !
MONTGISGAR.
Madame de Goberville! (a part.) Que le diable l'emporte !
MADAME DE GOBERVILLE, à part.
Quel contretemps:
* Montgiscar, Mme de Goberville.
** Mme de Goberville, Montgiscar.
3I0NTGISCAR, gracieux.
Ah! quelle charmante rencontre!
MADAME DE GOBERVILLE, da même ton.
En effet... je ne m'attendais pas...
MONTGISCAR.
J'adore les statues... et dès que j'ai un moment à moi, j'accours au musée des Antiques.
MADAME DE GOBERVILLE.
C'est comme moi... j'aime l'art grec... (Elle remonte.)
MONTGISCAR*.
Il n'y a que celui-là! (Fourrant le bras dans la poche de son paieiot.) Gomment se porte votre cher mari, M. de Goberville?
MADAME DE GOBERVILLE.
Très-bien, fort occupé... son chemin de fer, le grand Occidental, dont il est administrateur, l'absorbe complètement.
MONTGISCAR, avec galanterie.
Complètement... en vous voyant... je ne puis le croire.
MADAME DE GOBERVILLE, minaudant.
Ah! M. xMontgiscar!... vous êtes galant...
MONTGISCAR.
Je le dis comme je le pense, madame, comme je le pense! (a part.j Elle est bien gênante!
JMADAME DE GOBERVILLE, à part.
Est-ce qu'il ne va pas s'en aller? (Apercevant Octave qui entre par la gauche.) Oh!
OCTAVE, s'avançant vers elle.
Madame^ je...**
MADAME Dli GOBERVILLE, bas et vivement.
Chut! Nous ne nous connaissons pas!
* MoRtgiscar, Mme de GoberviUe.
'* Montgiscar, Octave, Mme de GoberviUe.
OCTAVE, apercevant Mongiirar.
Ah! (il onvre son album ot se prépare à dessiner en freJonnaol.) Tu, tu, tu, tul
MONTGISCAR, à part.
En voilà un autre à présent!
MADAME DE GOBERVILLE, à Monlgiscar.
Adieu, clier monsieur.
MONTGISCAR, saluant.
Madame... mes hommages à 31. de Goberville.
MADAME DE GOBERVILLE, passant près d'Octave qui s'est assis sur l'escabeaan, et bas.
Dans un quart d'heure au musée d'artillerie. (Elle sort par la droi(e.)
MONTGISCAR, regardant Octave qui taille son crayon, à part.
C'est celui-là qui me gène maintenant... il m'a l'air d'un piocheur.
OCTAVE, regardant la statue et poussant un cri. Ah!
M0NTGI5CAR.
Quoi?
OCTAVE, se levant.
Il lui manque un bras!
MONTGISCAR, vivement.
x\on, je l'ai toujours vue comme ça.
Pardon, je l'ai dessiné ce matin. (Montrant son album.) Le voilà!
MONTGISCAR, jouant l'étonnement.
Tiens ! c'est ma foi vrai, il y en a deux! Mais qu'est-ce que l'autre a pu devenir ? Il est sans doute en répara tion.
OCTAVE, regardant la fenêtre.
Ah! décidément le jour est détestable... (Fermant son album.) Je reviendrai demain. (Saluant ) Monsieur...
MADAME EST TROP BFLLE «Ju
MONTGISCIAR, Faluant.
Monsieur,., fûclave sort par la droilc,