‹ Madame est trop belle; comédie en trois actesChapitre 2 sur 46 · SCÈNE II LE GARDIEN, puis DE CLERGY · texte numérisé non relu

SCÈNE II LE GARDIEN, puis DE CLERGY

LE GARDIEN, se promène un instant avec mélancolie, baillant.

Mon Dieu, que je m'ennuie l (Apercevant de Clercy qui entre à droite.) Ah! encore un monsieur! (Le saluant d'un air trèsaimable.) Monsieur cherche quelque chose ?*

DE CLERCY.

Oui... la statue de Pollux, s'il vous plaît?

LE GARDIEN, désignant la statue.

La voici. (Récitant.) Telle qu'elle a été trouvée en 1821 dans les jardins de la villa Palmiéri et expédiée parles soins de M. le consul de France.

DE CLERCY, l'arrêtant.

Ne vous fatiguez pas... ça m'est complètement égal... ce n'est pas pour ça que je viens. "*

LE GARDIEN

Ah!... alors monsieur vient?...

* De Clercy, le Gardien.

** Le Gardien, de Clercy.

DE CLERGY, avec intention.

Chercher la solitude.

LE GARDIEN

Monsieur ne peut pas trouver un meilleur endroit. (Changeant de ton.) Eh bien! quoi de nouveau? avons-nous un ministère?

Et la solitude, consiste à rester seul... ainsi ne vous gênez pas pour moi... surveillez vos statues, je vous en prie.

LE GARDIEN

Monsieur est bien bon. (a part et s'en aiiaui.) C'est un Anglais qui a le spleen, (ii disparaît à gauche.)

DE CLERCY, seul.

Deux heures... j'espère que M. Montgiscar, mon oncle, ne me fera pas attendre. C'est un banquier^ très-occupé... mais exact. Il a mis dans sa tète de me marier... il a peut-être raison, j'ai passé l'âge des fantaisies... et si la demoiselle me plaît, ma foi !... Notre entrevue doit avoir lieu ici... par hasard... au pied de la statue de Pollux... une idée de mon oncle... Ah! ça, mais il est en retard, pourvu que. le côté de la demoiselle n'arrive pas avant lui... je serais obligé de me présenter moi-même. Ah! le voici !

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