SCÈNE VII DE GOBERVILLE, puis DE CLERCY
DE GOBERVILLE, essuyant ses lunettes avec son mouchoir. Jolie comme un ange!... C'est un vrai bouton de rose... et une candeur... une naïveté... que l'on trouve bien rarement chez les femmes des employés de mon administration... (il remet 'ses lunettes.) J'ai été un peu dur avec le mari... C'est un homme de talent après tout... ingénieur... sorti de l'école polytechnique... Il a des titres.
DE CLERCY, entrant*.
Pardon. . . ma femme n'est plus ici ?
DE GOBERVILLE, à part.
Lui! (Haut.) On est venu la chercher pour danser, (irèsaimabie.) Je suis bien aise de vous revoir, mon cher Monsieur de Clercy.
* De Goberville, de Clercy.
DE CLERCY , étonné.
Moi, Monsieur !...
J'ai à causer avec vous... j'ai lu votre livre. .. remarquable! très remarquable !
DE CLERCY, k part.
Est-ce qu'il l'a lu pendant le bal?
DE GOBERVILLE.
Vous avez porté la lumière dans une question ténébreuse... vous avez comblé une lacune... la science vous en remercie.
DE CLERCY.
Vraiment, Monsieur, je suis confus...
DE GOBERVILLE.
D'ailleurs vous avez d'autres titres...
DE CLERCY.
Ah! lesquels?
DE GOBERVILLE.
Ne VOUS appelez-vous pas de Clercy! et Mathieu de Clercy est un des initiateurs des lignes ferrées, en France.
DE CLERCY.
Nons n'étions pas parents...
DE GOBERVfLLE, vivement.
Ça ne fait rien, vous portez le même nom.
DE CLERCY.
C'est juste !
Mon jeune ami... permettez-moi de vous donner ce titre!
DE CLERCY.
Comment donc!
DE GOBERVILLE.
J'aime les travailleurs... re^^pect aux droits acquis, pas de passe-droits!... voilà ma devise!... et tout me fait espérer pour vous un heureux et prompt résultat.
:\rADAME EST TROP BELLE i)D
DE CLERCV.
Ah ! monsieur ! je ne sais comment vous remercier.
DE GOBERVILLÉ.
Votre main, jeune homme, (ils se serrent la main . ) J'aime les travailleurs!... nous nous reverrons, (a part.) Je vais la voir danser. (ll remonte au fond a gaurhe. Haut à de Clercy.) Nous nous reverrons, (il entre dans le bal.]