‹ Madame est trop belle; comédie en trois actesChapitre 21 sur 46 · SCÈNE V DE CLERCY, DE GOBERVILLE, pois JEANNE · texte numérisé non relu

SCÈNE V DE CLERCY, DE GOBERVILLE, pois JEANNE

DE GOBERVILLE, très-froid.

Je VOUS écoute, monsieur.

DE CLERCY.

Voici ce dont il s'agit, en deux mots... je viens de me marier, la vie oisive me déplaît, le suis ingénieur et je désirerais, si cela était possible, obtenir un emploi dans la compagnie que vous dirigez.

Monsieur, j'ai une devise immuable : respect aux droits acquis! jamais de passe-droits !

DE CLERCY.

J'ai peut-être quelques titres, j'ai fait un livre sur les chemins de fer...

• M^ntgiscar, de Clercy. de Goberville.

DE GOBERVILLE.

Eh 1 monsieur ! qui est-ce qui n'écrit pas sur les chemins de fer? Gomment s'appelle-t-il votre hvre?

DE CLERCY.

Des tarifs différentiels, proportionnels et spéciaux...

DE GOBERVILLE.

Vaste matière ! mais il y en a quatorze sur ce sujet-la.

DE CLERCY.

Je n'insiste pas Monsieur... il me reste le regret devous avoir importuné.

JEANNE, entrant* par la porte du fond, à gauche, Mon ami, mon père vous demande tout de suite.

DE CLERCY.

J'y vais. (Les présentant l'un a l'autre.) Monsieur de Gober^ ville... Madame de Glercy. (il sort.)

'scène VI

JEANNE, DE GOBERVILLE, puis CHAMBRELAN.

DE GOBERVILLE, a part.

Sa femme! jolie comme un ange, (il ôte ses lunettes, regarde s'il n'y a personne et' s'approche de Jeanne qui se disposait à sortir*.) Monsieur votre mari est un houmie charmant.

JEANNE

Oh! Monsieur, vous êtes peut-être indulgent.

DE GOBERVILLE.

Moins que vous sans doute... car étant mariée depuis peu.

'^ JEANNE

Depuis huit jours seulement.

DE GOBERVILLE, à part.

Huit jours!... Écoutez-moi, mon enfant... votre cher * Jeanne, de Goberville.

mari me parlait à l'instant de ses projets d'avenir,., il voudrait... il désirerait s'occuper...

JEANNE

En effet, Monsieur.

DE GOBERVILLE.

11 m'a fait entendre qu'il ne serait pas éloigné d'accepter une place dans notre administration..,

JEANNE

Me permettez-vous d'appuyer sa demande?

DE GOBERVILLE, lui prenant la n^ain.

Elle ne peut être apostillée par une main plus .charmante. ^ JEANNE, retirant la main.

Ah ! Monsieur!

DE GOBDRVILLE, lui reprenant la main.

Écoutez-moi, mon enfant... nous aurons quelques difficultés à surmonter pour arriver à notre but...

JEANNE

Ah! il y a des obstacles?

DE GOBERVILLE.

Oui, mais nous les vaincrons... car vous m'intéressez. (Lui caressant la main.) Votre mari aussi... beaucoup.,, beaucoup... beaucoup...

CIIAMBRELAN, paraissant à une porte du fond, a droite, tenant

un carnet à la main*, à Jeanne, très-haut. Septième marzourka, ton danseur l'attend !

JEANNE, qui a retiré sa main.

Tout de suite !

CHAMBRELAN, à Goberville.

Mille excuses ! mais le devoir avant tout !

([| disparaît par la gauche.

'Jeanne, de Goberville, Cliainhrelaii.

MADAME EST TROP BELLE Oo

JEANNE, à Goberville.

Vous permettez... (Elle remonte un peu.)

GOBERVILLE, la retenant et a demi-voix.

Le conseil d'adminislratioii se réunit demain à trois heures, si vous voulez passer à quatre à mon cabinet, j'espère vous donner une bonne réponse.

Ah î que vous êtes bon !

DE GOBERVILLE.

A quatre heures!

JEANNE, â part avaut de sortir.

Il a l'air d'un bien brave homme. (Elle disparaît parle fond a gauche.)

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