‹ Madame est trop belle; comédie en trois actesChapitre 8 sur 46 · SCÈNE Vllï Les Mêmes, MONTGISCAR, DE CLERCY · texte numérisé non relu

SCÈNE Vllï Les Mêmes, MONTGISCAR, DE CLERCY

MONTGISCAR.

C'est encore nous... Je viens de m'apercevoir que j'ai perdu un de mes gants.

CHAMBRELAN

Vraiment?... nous ne t'avons pas vu!

SIOXTGISCAR^ ayant l'air de cliercher.

OÙ diable peut-il être ! (Lo trouvant) Ah ! le voici !... le voici !

CHAMBRELAN

Ah! bien !... on peut appeler ça de la chance !

DE CLERCY, à part.

Ils sont d'une finesse !

CHAMBRELAN, bas à Montgiscar.

Eh bien ! que dit votre neveu ?

• De Clurcy, Monlgiscar, Clrimbrelaii, Joanne.

MONTGISCAR, bas.

11 est enthousiasmé! c'est du délire.

CHAMBRELAN, bas à sa fille*

Il est enthousiasmé I c'est du délire.

MONTGISCAR, bas à Chambrelan.

Et votre fille? son sentiment ?

CHAMBRELAN, bas.

Il n'a pas déplu.

MONTGISCAR, bas a son neveu.

Tu n'as pas déplu !

DE CLERCY.

Bravo! (Bas aMonigiscar) Alors vite, mon oncle, faites la demande !

MONTGISCAR, bas.

La demande... ici ?

DE CLERCY.

Puisque nous sommes réunis... il faut battre le fer...

MONTGISCAR.

C'est juste... D'ailleurs, je suis pressé, (oas à Chambrelan) Dites donc, nous allons vous faire la demando.

CHAMBRELAN, bas.

Comment! au musée...

MONTGISCAR.

C'est de l'emprossement... il n'y a personne... nous serons aus^i bien là que dans votre salon.

CHAMBRELAN

Cependant les convenances...

MONTGISCAR.

Vous savez, moi, je suis dans les affaires... je n'ai pas une minute à perdre.

CHAMBRELAN, bas.

Je comprends... je comprends... Allons préparez-vous... (Ras à Jeanne' 11 va me faire la demande...

JEANNE, a part.

Comment ! mais je ne suis pas en toilette !

MONTGISCARj se posant céréraonieusemeul.

M. Chambrelan... oncle de mon neveu... j'ai reçu ses confidences... il aime !...

CHAMBRELAN

C'est fatal !

MONTGISCAR, conliDuant.

Une minute a sufïl pour le fixer... il cherchait une jeune fille accomplie... il a trouvé un ange.

CHAMBRELAN^ approuvant.

Très-bien !

MONTGISCAR.

J'ai donc l'honneur de vous demander pour mon neveu la main de mademoiselle Chambrelan. (Bas à Chambrelan). A vous î...

CHAMBRELAN, se posant.

M. Montgiscar... père de ma fille, je crois être son interprète... et le mien, en vous disant que votre recherche nous honore, autant qu'elle nous flatte... (a de ciercy) M. de Ciercy, je vous considère, à partir d'aujourd'hui comme le fiancé de ma fille. .. et je vous autorise à donner cours à l'admiration légitime qu'elle est en droit de vous inspirer.

DE CLERCV, avec joie, allant à Jeanne *.

Ah ! monsieur ! mademoiselle î... que je suis heureux.

MONTGISCAR.

Voilà qui est fait. (Tirant sa monire) 22 minutes.

DE CLERCY.

Que vous êtes bonne, mademoiselle, d'avoir bien voulu m'agréer.

* Monlgibcar, Chambrelan, do Ciercy, Jeanne.

JEANNE

Du moment, monsieur, que vous étiez présenté par mon père...

DE CLERCY.

Je vous promets l'affection la plus profonde, la plus dévouée, la plus tendre...

MONTGISCAR, bas à Chambrelan.

Les voilà partis ! j'ai été comme ça ! Le jour où j'ai été accepté, dans ma joie^ j'ai cassé un globe de pendule.

CHAMBRELAN

Comment ça ?

MONTGISCAR.

J'avais ma canne à la main... et en me jetant dans les bras de ma belle-mère... (ll lève violemment son parapluie, attrape un des bras de la stalue de Poilux et le casse) Oh 1 saperlotte î

TOUS

Cassé !

Un antique 1

MONTGISCAR, ramassant le bras.

C'est donc en sucre ces machines là ?

CHAMBRELAN

Le gardien ! (Monlglscar fourre vivement le bras dans sa pocbe, le gardien passe nonchalamment au fond).

MONTGISCAR, à Ctiambrelan.

Il est parti ?

CHAMBRELAN, à de Clercy.

Il est parti ?

DE CLERCY. *

Il est parti !

JEANNE *

Parti !

* Montgiscar, Chambrelan, Jeanne, Clercy.

MADAME LSI TllOP DELLE 2S

MONTGISCAR.

Nous voilà bien !... Ce bras est au gouvernement, et c'est le droit. Le bras droit du gouvernement!... Que faire ?

CHAMBRELAN

Cachez-le... et sauvons- nous !

MONTGISCAR.

Oh! non !... on pourrait croire que je veux dévaliser le musée. (Tirant le bras de sa poche) Si je pouvais le remettre adroitement.

CHAMBRELAN

J'ai votre affaire... j'ai vu une boutique, en face le guichet du Louvre^ où l'on vend une composition appelée : Mastic d'Athènes.

MONTGISCAR.

Qu'est-ce que c'est que ça ?

CHAMBRELAN

C'est une espèce de gélatine liquide, en bouteille... il parait que ça recolle pour l'éternité... à ce que dit le prospectus.

MONTGISCAR.

Vous me sauvez .. (u fo*Fre )o bras daQ5 la poclie de son pa'.elot.) Jules !

DE CLERCY.

Mon oncle.

MONTGISCAR.

Va me chercher une bouteille de ce mastic d'Athènes, en face le guichet du Louvre.

DE CLERCV.

Moi, à votre place, j'aimerais mieux déclarer l'accident.

MONTGISCAR.

Merci, pour qu'on me fasse payer la statue entière!... va, dépèche toi!...

Chainbreian, Jeaiin-', .Moulgiscar, de Clercv.

Vous le voulez?.., j'y vais!... (ll sort vivomeut parla droite.)

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