‹ Madame Gamelin et les origines de Providence [microforme]Chapitre 4 sur 5 · LE TE · texte numérisé non relu

LE TE

démarches prendraient du temps. Elles risquaient en outre d’être infructueuses et, pendant ces atermoiements, le courage, l’entrain, disons mieux, l’enthousiasme des associés et des colloborateurs menaçaient de se refroidir.

L’évêque, après avoir prié sans doute beaucoup, prit un grand parti, et le ciel, pour sûr, l’inspirait cette fois, car il réussit. Il résolut de fonder lui-même une communauté, sur une base et avec une règle analogues à celles des Filles de $St-Vincent-de-Paul et de l'installer dans l’Asile nouveau. Il fit aussitôt appel aux filles de son diocèse. Cinq répondirent du dehors. Une sixième — la première ou Ja dernière, je ne sais — déjà fort engagée dans l’œuvre, se joignit aux cinq autres. C'était Mile Durand, la fidèle assistante de Mme Gamelin, la sous-directrice de la société.

Monseigneur les agrée. Après un assez court délai—on était au mois de mars — il Jes met en neuvaine pour les préparer à la fête de l’Anonciation. Elles en consacrent les derniers jours à une petite retraite, et le jour de

la fête, sept novices, au lieu de six, reçoivent de ses mains le saint habit.

D'où venait donc la septième ? Elle s'était présentée à la porte de l’Asile la veille même ou le premier jour de la neuvaine, et Mme Gramelin avait pris sur elle de l’admettre aux exercices, présumant le consentement du prélat qui faisait à ce moment sa propre retraite avec les prêtres de son évêché. Or, le costume des six autres une fois taillé, il restait tout juste assez d’étoffe pour en confectionner un septième. Je ne sais si ce détail fit quelque impression sur l'esprit du saint évêque, mais 1l coïncidait avec un fait singulier, survenu durant son précédent voyage en Kurope, et l’on voit de pareïlles choses, légères en apparence, mystérieuses dans leur rapport, à l'aurore de presque toutes les fondations religieuses.

Voici le fait. Un jour que préoccupé entre autres pensées de l'établissement à Montréal des Filles de St-Vincent-de-Paul, il priait avec larmes dans l’église de Notre-Dame de Chartres, une dame âgée s’approcha de lui et le pria d'accepter sept chapelets de Notre-Dame

LES ORIGINES DE LA PROVIDENCE bi

des Sept-Douleurs. Le prélat ne vit point en songe, la nuit suivante, comme autrefois l’évéque Hugues de Grenobles, la nuit qui précéda l'entrée dans sa ville épiscopale de saint Bruno et de ses six compagnons, fondateurs de

l’ordre des Chartreux, le prélat ne vit point sept étoiles brillantes tomber à ses pieds !

Mais Dieu, lui, les voyait et les comptait en sa prescience avec une telle précision qu’il semble avoir voulu établir par ce nombre une mystique harmonie entre les sept douleurs de sa Mère et les sept victimes qu’il allait attacher à son culte dans le service de ses membres souffrants : tellement que, le jour de la profession religieuse des premières novices, le 29 mars de l’aunée suivante, bien qu’une des premières postulantes füt retournée au monde, c’étaient pourtant encore sept novices qui prononçaient leurs vœux entre les maius de Mgr Bourget dans la chapelle nouvelle, inaugurée le 1er mai de l’année précédente, et toutes les sept portaient à leur ceinture le chapelet de la Compassion offert à leur père dans la basilique de Chartres !

Or, savez-vous qui avait pris la place de la jeune fille renvoyée dans sa famille ? Madame Gamelin elle-même qui se releva, ce 29 mars 1844, première supérieure des Filles de Charité de la Providence.

Comment s'était opérée cette transformation, que ses meilleures amies n'auraient pu prévoir un mois auparavant et qu'elle-même fut longtemps à redouter et à différer? Je vais vous le dire, et je ne m’attarderai pas davantage, car j'ai déjà trop abusé de votre bienveillante attention.

La formation d’une communauté, dans cette maison ouverte et dirigée par elle, dont le merveilleux accroissement était pour une si œraude part le fruit de ses soins et de ses efforts, puis l’entrée au noviciat de sa fidèle assistante, avaient dû faire surelle une profonde impression et donner l’éveil à ses anciens désirs de vie religieuse. Déjà, au commencement de j’année 1842, le 2 février, jour où l'Eglise célèbre la Présentation au temple de la Vierge Marie, elle s'était liée à son œuvre et à son genre de vie par un engagement décisif et sa-

cré, resté peut-être étranger à ses plus intimes amies et à ses propres filles en religion, acheminement tacite et inconscient vers un engagement plus solennelet plus étroit. Elle faisait vœu, ce jour-là, “ de grand cœur et avec joie ” de vivre, le reste de ses jours, dans une continence parfaite, d’être la servante des pauvres dans la mesure de ses forces, d’exercer sur ses conversations une vigilance plus sévère— vœu, soit dit en passant et sauf respect, que toutes les dames de charité pourraient peut-être aussi songer à faire, avec un ou deux degrés d’héroiïsme ! — de retrancher dans ses habits tout ce qui sentait le luxe et la parure, le tout terminé par ce cri spontané de son cœur : “ Je veux me donner à mon Dieu. Qu'il fasse ce qu’il voudra de moi! Je m’y remets avec résignation.

Aidez-moi, Ô mon Dieu, dans ces résolutions que je vous ai faites aujourd'hui ! ”

Ce fut vraisemblablement alors qu’elle renonça aux toilettes claires, qu'une de ses bonnes amies lui représentait depuis quelque temps déjà comme incompatibles avec l'approche des inévitables fils d'argent et avec sa situation de

veuve austère, absorbée par les bonnes œuvres ; aux parfums, qu’elle aimait singulièrement ; à l’ensemble de ces petits riens dans les atours, le langage, la manière d’être, dont le savant et subtil assemblage compose la physionomie de Ja femme du monde.

Mais de là à se faire religieuse, elle, la femme de quarante-trois ans, la veuve indépendante et parfaite maîtresse d'elle-même depuis quinze ans—puisque les œuvres qui la liaient aujourd'hui, elle se les était librement et spontanément imposées —à renoncer à la liberté de sa vie et de ses relations, pour se faire petite sœur de charité, soumise et docile, comme la novice de dix-huit ans, à la volonté d’une supérieure et aux exigences d’une règle journalière, il y avait un abîme que peuvent seules franchir les ailes données à l’âme par l’abnégation surnaturelle.

Et pourquoi du reste un semblable sacrifice ? Ne pouvait-elle donc pas continuer à tenir Ja première place dans l’œuvre par son dévouement ardent et affectueux, son intelligence aiguisée par les difficultés et l'expérience, sa

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volonté trempée aux épreuves, sa foi, forte de l’inébranlable conviction de l’œuvre de Dieu à confirmer et à assurer pour l’avenir. Ne pouvait-elle pas se ménager une maturité féconde et rayonnante du prestige d’une vie exceptionnelle, une vieillesse adoucie par la vénération presque adorante de ses vieilles et de ses orphelines et les gâteries affectueuses de ces petites religieuses dont elle resterait toujours la seconde mère ?

Ainsi parlait la nature, et Ia nature avait certes des conseillers et des avocats respectables. M. Prince lui-même, son directeur, n’encouragea pas tout d’abord son inclination à la vie religieuse. M. Blanchet, un autre chanoiïne, lui disait un jour en plaisantant : ‘“ Vous, vous faire religieuse! Vous n'êtes pas plus faite pour cela que moi pour être évèque. ” Hélas!

le digne homme se trompait, car moins de quatre ans plus tard, il ceignaiït la mitre et s’acheminait vers son lointain diocèse de Walla-Walla, dans l’Orégon, où il devait bientôt appeler quelques-unes des filles de cette-mère Grame-

lin dont il méconnaissait à ce moment la vocation.

Mais la grâce parla plus haut que toutes les répugnances et toutes les oppositions. La grâce lui montrait de quel grand secours elle pouvait être, et elle seule, au sein de cette communauté naissante, vouée aux mille difficultés des débuts dans l'inconnu et la pénurie. La grâce lui prouvait le mérite et la juie suprêmes dans l’immolation suprême.

Mor Bourget fut auprès d’elle le grand interprète de la grâce. On m'a raconté que, pour vaincre ses dernières hésitations, obéissant à un de ces mouvements de foi vive qui lui furent si familiers, il l’invita à s’agenouiller avec lui, pour implorer la lumière divine, et qu’au bout de près d’une heure de fervente prière, elle se releva convaincue et décidée.

Son directeur ne mit plus d’obstacle à une demande réitérée avec instance et müûrie par cette lutte victorieuse. Il l’admit à remplacer la novice dont le départ avait jeté la désolation dans la petite famille. Mais, avant de prendre l’habit, la nouvelle postulante entreprit, du

couseil de l'évêque et du supérieur, un voyage aux Etats-Uuis,pour y visiter quelques maisons de charité. Celles des Filles de St-Vincent-de- Paul, à New-York et à Baltimore, occupèrent surtout son attention. Elle rapporta une copie de leurs constitutions qui servirent de base à celles de la communauté nouvelle.

. Rentrée à Montréal I! 6 octobre, elle recevait deux jours plus tard le saint habit des mains de M. Prince. Personne, au dehors, n’avait été prévenu ni invité, et ses vieilles amies éprouvèrent dans toute sa vivacité et avec une véri: table peine cette surprise dont elle avait menacé l’une d'elles vingt-et-un ans auparavant, dans cettelettre que je vous citais au début de ma lecture. Le même soir, Mine Fabre, qui l’attendait à souper, reçut d'elle unelettre où elle lui faisait part de son retour de Baltimore et de son entrée à la Providence: ‘“ Ne m'en voulez pas, ma bonne amie, d’avoir ainsi agi à votre insu. Il m'aurait fallu faire des adieux et je me trouvais trop lâche. Il m'a bien fallu un peu de courage pour en venir à cette détermination ...... J’aimais encore tant mes chers

parents et amis .….. Mais enfin, tous ces sacrifices se sont faits de bon cœur ce matin. ” ...….

Ces lignes, simples et discrètes, parce qu’elles sont d’une noble et forte femme, disent beaucoup en peu de mots. Elles disent l'étendue et l'intensité du sacrifice, ressenti en dépit du réconfort de la grâce. Elles présagent tous les sacrifices à venir, que la règle et la vie commune vont apporter Jour par jour.

Cette règle et cette vie l’enveloppèrent, l'étreignirent de jour en jour, d'heure en heure dans toutes leurs exigences. Elle fut la novice, la religieuse qu’elle devait et voulait être, puis la supérieure qu’elle pouvait être et qu’elle était dejàau trois quarts. Elle fut la novice qu’exigeait d'elle M. Prince, plein d’une bonté et d’un dévouement inaltérables à ses filles, mais ferme et austère dans une direction dont dépendait la formation et la première impulsion d'une communauté bientôt nombreuse. On m'a raconté, avec une émotion respectueuse que les années n’ont point affaiblie, les petites privations, abstraction faite des grands renoncements, que l’impitoyable directeur infligeait à

cette novice aînée, qui ne cessait pas d’être aux yeux de ses jeunes sœurs une mère digne de mille attentions et de mille gâteries.

Ne s’était-il pas avisé, cet homme sévère, de lui imposer une vulgaire cassonnade, au lieu du sucre blanc jusqu'alors servi sur sa table dans une élésante porcelaine de Chine qui se conserve encore précieusement! de la mettre au thé, oseraiïs-je dire de seconde main, de ses compagnes, fait de feuilles échaudées une fois déjà dans les théières du voisinage ! de lui retrancher le traditionnel verre de bière qui arrosait encore son maïore dîner! de substituer, dans ses moments de fatigue, une abominable mixture de gingembre et de je ne sais quelle drogue au petit verre de ce genièvre, généreux comme un élixir et clair comme l’eau de roche, que nos pères recevaient avec respect des pétites Indes et qu’on est aujourd’hui forcé d'interdire sous toute réserce à leurs fils pour protéger la pureté de leurs suffrages civiques!

La pauvre mère, qui appréciait fort au temps jadis les petits plats et les bons fricots, fut bientôt réduite, tout comme ses petites sœurs,

au maigre régime de la Maison jaune, transporté sans adoucissement au grand Asile et consistant surtout dans les restes de viande fournis par la charité du quartier et hachés menu avec des oignons et des pommes de terre. Peutêtre même prit-elle part à ces pénibles lessives qui transportaient, l'été, tout le personnel valide au Pied-du-courant où l’on demandait au St-Laurent de suppléer à l'eau de l’aquedue, trop dispendieuse pour être amenée aux baquets du logis et remplacée en partie, l'hiver, par la neige fondue du grand jardin.

Je tire le voile sur toutes ces privations.

Une des trois vénérables survivantes de cette sainte pléiade, que j'ai eu le bonheur d’interroger sur ces années de vraie misère, me disait : ‘* Nous étions pauvres comme pas une des familles indigentes que nous visitions. ” Mais elle ne me l’a pas dit pour que je le répète et cherche à lui faire un mérite et une gloire, à elle et à ses sœurs, de ce qu’elles considéraient toutes comme le devoir, comme la croix de Jésus-Christ, portée et partagée avec un vaillant et fidèle amour. Si je vous le dis ce soir, Mes-

dames et Messieurs, c’est que j'éveille le souvenir déjà lointain d’un œuvre de fondation divine que vous ne reconnaîtriez point, si eile n’était marquée du triple sceau des œuvres du Très-Haut : le dénuement, l'humilité, la foi à toute épreuve.

J'ai fini la tâche que j'avais entreprise ce soir. Je ne vous dirai pas, même en résumé, ce que la révérende Mère Gamelin a été ni ce qu'elle a fait depuis le 29 mars 1844, date de sa profession religieuse, jusqu’à sa mort, arrivée le 23 septembre 1851. Ce résumé serait encore trop long.

Pendant ces sept années — encore ici le nombre sept ! — elle a gouverné avec sagesse et bonté sa communauté grandissante, et administré prudemment ses œuvres diverses. Elle a multiplié, aux yeux de ses filles, les exemples de foi, de piété, d’'humilité profonde, d’ardente charité. Elle a vu sa maison s'accroître de nouvelles recrues et cinq branches se détacher du tronc pour aller dispenser ailleurs Pombre et les fruits de leurs rameaux. Elle a vu huit de ses sœurs monter au ciel pour y

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ceindre leur couronne et lui tresser la sienne Elle les a vues toutes, ferventes et vaillantes, courir à toutes les infirmités et à toutes les infortunes, affronter le typhus en 1847 et le second choléra en 1849, laissant partout sur leurs pas une impression de charité et de dévouement quise renouvelle encore et dont nous avons presque tous, à des heures d'angoisse, apprécié le bienfait.

Epargnée elle-même par le premier de ces fléaux qui avait frappé avec elle dix-huit de ses sœurs sans les mettre au tombeau, elle fut atteinte du choléra le 23 septembre 1851. Le mal la terrassa avec une effrayante rapidité. Réveillée subitement, à la pointe du jour, par une douleur violente, elle reconnut aussitôt la terrible maladie et poussa ce cri: “ Je vais mourir ! Je suis atteinte du choléra! ”

La frayeur qui l’étreignit dès l'attaque, lui enleva toute force de résistance et précipita la marche du mal. Apaisée et consolée par la réception des derniers sacrements que lui administra Mgr Prince, devenu coadjuteur de Montréal mais resté supérieur et chapelain de la

communauté, rassurée par les paroles de Mgr Bourget qui lui affirma qu’il l’a croyait sauvée, elle se recueillit profondément, reprit son assurance habituelle, fit, malgré de vives douleurs, d’affectueux adieux à toutes ses filles et attendit paisiblement la mort qui vint avant la chute du jour.

Elle avait vécu cinquante-et-un ans, sept mois et trois jours.

Le lendemain, au milieu d’une douleur générale, ses restes vénérés étaient déposés dans le caveau de l’église du couvent, sous le chœur, du côté de l’'évangile, au milieu de celles de ses filles déjà couchées dans la mort. Ils y reposent encore, près des tombes de quelques bienfaiteurs insignes et de quelques chanoines de la cathédrale. Sa tombe à elle, en briques blanchies à la chaux, est plus que modeste.

Son nom, son titre de fondatrice, la date de sa mort, ce verset du Livre des Proverbes qui résume en partie son œuvre:“ Elle a considéré un champ et elle l’a acheté du fruit de ses mains, elle a planté une vigne. ” Puis cette prière de ses filles : “ Veillez sur vos enfants ! ”

C’est peu et c’est tout !

Descendu dans cette crypte, je contemplais avec émotion la tombe. Je lisais ces lignes.

Et ma pensée, s’élançant au delà de la sombre voûte de mort, apercevait le champ de vie éclairé d’une autre parole, tombée, cellelà, des lèvres sacrées du Maître sur une autre page du Livre qu’il remplit : “ Si le grain de blé tombé en terre ne meurt point, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. ”

Je voyais ce champ du Père de famille dont il avait confié une portion à cette vaillante et généreuse ouvrière de la première heure. Dès le point du jour, à l’appel du Maître, elle avait jeté à pleines mains au sillon des actes de bonté, de dévouement, de générosité et d’abnégation, supérieurs à ceux du grand nombre des chrétiens et suffisants à lui assurer une ample moisson de mérite et de gloire éternelle. Mais quand Dieu voulut, l’heure venue, faire lever sur notre pays une grande moisson d’abnégation et de charité dont les précieux épis iraient enrichir jusqu'aux solitudes des montagnes Rocheuses et du Pacifique, il demanda à la

fidèle ouvrière de jeter après tout le reste dans le sillon, pour les y faire mourir, toute sa volonté et toute sa liberté, courbées et disciplinées par les contraintes et les renoncements de la vie religieuse.

Et le grain de blé est mort! Et la moisson a levé, pleine et vigoureuse ! Elle a envahi le Nord et le Midi, et l'Est et l'Ouest, jusqu'aux lointains rivages du Pacifique !

Aujourd'hui, du haut du ciel où elle veille sur sa fondation, la vénérable Mère contemple cinquante-cinq maisons de sa communauté, 648 religieuses professes qui les soutiennent et les dirigent, 100 novices et postulantes qui sollicitent le laborieux honneur d’en faire partie, 268 tertiaires qui y remplissent les services subalternes.

Dans le seul diocèse de Montréal, ses filles donnent l'éducation, en partie gratuite, à 3000 petites filles. Elles prennent soin de 651 orphelines, de 165 vieilles infirmes, de 558 pauvres internes, de 275 sourdes-muettes, de 1077 aliénés.

Ce sont les statistiques officielles de l’année dernière.

Je ne donne point les chiffres des autres diocèses où lenrs œuvres fleurissent, depuis Trois-Rivières et St-Hyacinthe jusqu’à Walla- Walla, dans l’Orégon et New-Westminster, dans la Colombie Anglaise. Ces chiffres, ajoués à ceux qui s’alignent depuis tantôt cinquante ans sur tous les livres de l'Œuvre, ces chiffres sont éloquents, Mesdames et Messieurs, plus que les plus belles phrases du monde.

Puissent-ils éclipser dans votre souvenir mes phrases qui n’ont pas eu la prétention ni le mérite d’être de beïles phrases! Puissent-ils surtout, joints à mon humble effort, vous inspirer un profond sentiment de vénération pour la mémoire de Madame Gamelin, de reconnaissante et efficace sympathie pour ses filles, de fervente adoration, surtout, pour Dieu qui suscite à son heure pour ses œuvres des hommes et des femmes héroïques et nous invite tous, moins forts et, faut-1l le dire, moins généreux,

à les suivre de Join et à partager leur récom-

pense, en secondant leurs efforts et leurs travaux !

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