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n’est pas à douter que Mme Gamelin n’en ait été l’inspiratrice et l’organisatrice, comme elle en devait être la tête et l'âme dirigeante. Cette société se forma sous les auspices de Mor Bourget qui, après avoir été trois ans coadjuteur, succédait, le 28 avril 1840, à Mgr Lartioue.
Ce prélat de sainte mémoire qui a donné aux œuvres existantes de son jeune diocèse une si vigoureuse impulsion, favorisé et protégé tant d’éclosions fécondes, n’aurait eu garde de refuser sa sollicitude à l’œuvre de Mme Gamelin, d’un intérêt si urgent, d’un caractère si manifestement providentiel.
Il encouragea la création de la nouvelle société qu'il laissait en pleine formation, lorsqu'il partit pour Rome au primteraps de 1841. En son absence, les Dames obtinrent de la Législature des deux Canadas, par l’entremise de l'Honorable D. B. Viger, un bill qui incorporait leur association sous le nom de ‘ Corporation de l’Asile des femmes âgées et infirmes de Montréal. ”
Douze dames et demoiselles la composaient.
Avec la directrice, Mme Gamelin et la sous-di-
rectrice, Mile Durand, qui depuis plusieurs années déjà remplissait auprès d’elle avec beaucoup d'intelligence et de dévouement les fonctions d’assistante, les dix autres étaient presque toutes de’ proches parenies ou d’intimes amies dont les noms figurent aux actes de mariage et de baptême de sa famille, et à coup sûr, sans en excepter une seule, des admirairices convaincues de la fondatrice.
Je me fais un devoir de donner ici leurs noms: cofondatrices, auxiliaires fidèles de ce grand œuvre, leurs noms méritent un public hommage dans un entretien consacré au souvenir de ses origines. C’étaient : Mme Francois Tavernier, secrétaire ; Mme Maurice Nowlan, trésorière ; Mme Paul Joseph Lacroix ; Mme Augustin Cuvillier; Mme Maurice Delisle; Mme D. B. Viger; Mme Julien Perrault ; Mme Edoüuard Raymond Fabre ; Mile Thérèse Berthelet; Mme Charles Simon Delorme. De ces douze dames de la fondation, deux seule-
ment survivent: Mme Tavernier, qui atteindra dans quelques jours le bel âge de quatre-
vingt-seize ans, (1) et la mère vénérée de Mgr l’Archevèque, la plus intime amie de la fondatrice, qui maintient sans doute au sein de Ia Société, devenue celle des Dames patronesses, la pureté de la tradition primitive, comme elle maintient partout autour d'elle, de parole et d'exemple, le respect de toute bonne tradition !
La première réunion des dames de la corporation nouvelle se tint au petit Asile le 22 octobre de la même année. Mgr Bourget, de retour depuis un mois, présidait la réunion. Il fit part aux dames d’une nouvelle inattendue qui
ouvrit à leur ardeur et à leurs espérances des -
horizons presque infinis ! Il leur annonça qu’à son passage à Paris il avait obtenu de la Supérieure des Filles de St-Vincent-de-Paul la promesse de quelques religieuses pour la fondation qu’il patronnaiït dans sa ville épiscopale. L'idée qu’il en avait eue dans son voyage lui semblait d'autant plus inspirée du ciel qu’aucune suggestion, aucune entente à ce sujet n’avait précédé son départ. La promesse si aisé-
(1) Madamo Tavernier est morte quelques semaines après que ces lignes furent écrites, entourée de l’affectueuse vénération des siens.
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ment obtenue lui était un nouveau garant de la vo onté du Ciel.
Pieuse illusion que Dieu entretient parfois chez ses ministres pour mieux leur dérober son propre dessein qu'ils servent déjà sans le savoir et qu'ils reconnaîtront à l’heure de son bon plaisir!
Cette nouvelle, accueillie par les Dames avec la plus grande joie, les détermina, dès cette première réunion, à acheter un terrain et à construire un édifice adapté aux exigences de l'installation d’une communauté et du développement qu’elle entraînerait nécessairement pour l’œuvre. Quatre jours plus tard, une main œénéreuse et discrète offrait à la corporation un don de 4,800 francs. C'était du meilleur augure et je comprends les Mélanges religierx — sorte de Semaine reliieuse de l’époque, très instructive pour la connaissance des faits ec- “clésiastiques du temps — saluant avec un légitime enthousiasme la fondation prochaine :
‘ Tout ceci, lecteur, ne paraîtra d’abord qu'un bien petit évènement, dans cette minime réunion d’une douzaine de personnes escortées
d’une trentaine de pauvres et d’infirmes, priant ensemble avec un pasteur. On croirait, ce semble, qu’il y a tout simplement le fait ordinaire d’un acte de dévotion. Ne vous y trompez pas, lecteur: il y a plus que cela. II y a là tout l’avenir d'un grand évènement ; il y a le berceau d’une œuvre admirable, l’ébauche d’un grand plan ; il y a là le fondement d’un édifice immense. Tout, dans la religion, commence ainsi par la prière et l'humilité, tout ce qui est grand et saint! Voyez à Bethléem, voyez dans le Cénacle ! ” ( Mélanges religieux, 22 oct. 1841.)
Les Mélanges ou plutôt leur directeur, M.
le chanoine Prince — plus tard coadjuteur de Montréal et premier évêque de St Hyacinthe — qui venait d'être nommé chapelain de l’Asile et qui écrivait probablement ces lignes, en disant très vrai, ne croyait pas encore dire si vrai. Pas plus que Mgr Bourget, Mme Gamelin ou aucune ües personpes intéressées à l’œuvre, 1l ne pressentait à ce moment la fondation d’ane communauté nationale. Il se proposait simplement de préparer aux Filles de la charité un accueil et une installation aussi conve-
nables que possible, et cette commune ignorance de tous les ouvriers ne fait que mieux briller l'intervention de Dieu dans l’œuvre.
Monseigneur, cette année-là, accorda à la pieuse fondatrice et à ses pauvres vieilles une œrande faveur : celle de la sainte messe célébrée tous les jours à l’Asile et de la sainte réserve conservée sur l’autel au temps des neuvaines, du mois de Marie et de certaines fêtes solennelles. Cette concession du bon pasteur fut sollicitée par deux vieilles à genoux, l’une aveugle et l’autre boîteuse qui, privées du bonheur d'aller à l'église, désiraient s’entretenir de plus près avec Celui dont la bonté fortifie le courage du boîteux et illumine l’entendement de l’aveugle, lorsque sa puissance s’interdit de redresser leurs jambes et de dessiller leurs yeux.
Ce fut un grand bonheur pour les pauvres afigées. La première messe fut célébrée, le 13 décembre 1841, sur un petit autel de bois donné par les sœurs de l’Hôpital-Général. (!) Les
(1) Cet autel est aujourd'hui dans la grande salle des vieilles, à l’Asile.
NE RS DE) ES pd son du don
ornements sacrés avaient été fournis, à la prière de Monseigneur, par les diverses communautés de la ville. La petite communauté témoiœna dès lors sa reconnaissance au divin Maître en relevant ses pieuses gardes à la porte du tabernacle, chaque heure des jours et des nuits où le Saint-Sacrement y reposait.
Cependant l’œuvre marchait. Le terrain avait été acheté dès le mois d'octobre. C'était un vaste emplacement, près de la Cathédrale et de l’Asile, mesurant cinquante-six mille et quelques pieds de superficie, couvert de vignes et d'arbres fruitiers. Ces audacieuses l’achetèrent de Mme veuve Hamelin pour la bagatelle de douze cents livres en rente constituée. Les Mélanges, en relevant la rondeur de ce chiffre, font cette observation qui est en même temps une révélation : “ L’acquittement devient facile avec la générosité de M. P.J. Lacroix et de Dile Louise Lacroix, sa sœur, premiers bailleurs de fonds, qui dès maintenant font don à l’Asile de la moitié de Ja rente pendant six années et — ajoute insidieusement le pieux journal !— laissent encore espérer des remises
considérables après l'échéance. ” Et l'organe officieux du Palais de glisser en hâte cette invitation peu déxzuisée : ‘“ Nous ne doutons point que de si œénéreux commencements ne solent suivis des plus heureux succès et que tous les citoyens de Montréal ne se montrent efficacement dévoués à une œuvre qui intéresse si vivement le public. C’est tout prochainement que les fondatrices feront appel à la générosité de leurs compatriotes. ”
Cette menace — pardon, Mesdames, si je qualifie ainsi les éloquen. appels à la charité dont vos mères et vos devancières vous ont laissé le devoir, si fidèlement accompli, d’entretenir l’écho — cette menace ne tarda pas à se vérifier et Monseigenur lui donna une sanction efficace par son mandement du 8 novembre suivant.
= Dans ce document, adressé au clergé et aux fidèles de la ville et paroisse de Montréal, le prélat faisait part des projets et des évènements que je viens de rappeler et recommandait avec cette ardeur de zèle et de charité qui fut un de ses grands dons une liste de souscription
que les dames de l’Asile allaient faire circuler par la ville. Les comparant à ces auxiliaires de l’œuvre évangélique que saint Paul, dans une lettre inspirée, recommande à la sollicitude charitable d’un de ses collègues de la ville de Philippes, il exhorte ainsi les fidèles à leur donner leur concours. ‘ En les envoyant vers vous, nos très chers Frères, nous empruntons encore ces paroles de l’Apôtre pour dire à chacun de vous : Aidez-les, ces dames toutes dévouées à une œuvre si belle, qui travaillent avec nous pour que la charité qui nous est tant recommandée dans l'Evangile, soit pratiquée dans sa perfection. Adjuva illas quæ mecum laboraverunt in evangelio. Nous espérons qu’elles vous trouveront préparés, lorsqu'elles iront solliciter votre secours et que nous n’aurons pas à rougir de les avoir envoyées en vain. Aïdez-les, car il y va de vos plus grands intérêts, du salut éternel de vos âmes, puisqu'il est certain que de l'accomplissement du grand précepte de la charité fraternelle dépendent votre bonheur et votre malheur éternels. ”
Deux jours avant son mandement publie,
Monseigneur en avait adressé un spécial aux dames de l’Asile, donnant à leur association l'institution canonique sous le nom d’Asie des Dames de la Providence pour les femmes âgées el infirmes. Il y établissait le but de l’association, sa composition et son organisation; statuait que sa direction appartiendrait toujours à un de ses chanoïines ou de $es vicaires-cénéraux et que des aumôniers et sous-directeurs, nommés par le supérieur du Séminaire, prendraient part à toutes ses délibérations. Il lui donnait pour première titulaire Notre-Dame de la Compassion, pour seconde, sainte Elizabeth, reine de Hongrie, pour premier patron saint Vincent de Paul et pour seconde patronne, sainte Greneviève de Nanterre, leur rappelant assez par ce choix qu'elles devaient s'inspirer de la charité héroïque et surnaturelle dont ces trois saints furent d’admirables modèles et dont ia Mère de Dieu, souffrant par les hommes et pour les hommes au pied de la croix, est le suprême modèle et la meilleure inspiratrice,
L'appel de l’évêque aux citoyens rencontra
un généreux écho dans la population de Montréal. La liste de souscription accusait, dès le 20 décembre de cette année, le chiffre de £€1003, 3 sh. 9 d. Cette somme, jointe à la perspective des profits d’un grand bazar en voie d’organisation, permit de décider sans retard le commencement des constructions. Des amis compétents et complaisants furent priés d'ébaucher un plan et de négocier des contrats pour la valeur de deux mille louis.
Mais les dames, éclairées d’un vif esprit de foi, ne voulurent point s’en tenir aux calculs et aux prévisions les mieux fondées de la prudence humaine. Pour attirer sur leur entreprise la bénédiction céleste qui pouvait seule lui donner une pleine fécondité, elles résolurent de se constituer en association de charité, pour visiter les pauvres à domicile, leur porter les secours obtenus des riches, exercer envers les membres souffrants de Jésus-Christ toutes les œuvres de charité spirituelles et corporelles. Mgr Bourget, informé de leur pieux dessein le soir même du jour où elles l’avaient formé, y donna toute son adhésion et dès le lendemain
me - ——————
leur fit remettre un exemplaire, modifié selon les exigences locales, du règlement dicté par saint Vincent de Paul à la célèbre confrérie de charité qu’il avait lui-même organisée à Paris. Une lettre émue accompagnait ce document :
“ En vous donnant ce règlement, disait le pieux prélat, je crois vous donner l'esprit et le cœur de ce saint admirable. Guidées par ce sage directeur et soutenues de sa puissante protection, vous pouvez espérer que le Seigneur présidera à la distribution de vos aumônes, qu'il bénira vos généreux efforts et multipliera les fonds que vous amasserez pour ses membres souffrants. Croyez, Mesdames, que vous avez pris le moyen le plus sûr et le plus efficace pour assurer le succès des Filles de la charité
en cette ville, en vous chargeant de faire leur: œuvre d'avance. Vos soins empressés auprès:
des pauvres vont être des voix bien éloquentes pour annoncer leur venue .....….. Votre charité industrieuse va vous ouvrir tous les cœurs et toutes les bourses, afin de vous mettre en état d'élever rapidement le magnifique monument que vous voulez consacrer à la gloire de votre
ne
religion et ériger à l’honneur de son auguste Mère, Patronne de votre ville. ”
Les dames associées prenaient le nom de Servantes des pauvres et devaient, pour être admises dans la société, témoigner d’une vertu reconnue et obtenir le consentement de leurs maris ou des personnes dont elles dépendaient. Elles se partagèrent la ville en six arrondissements, avec deux dépôts généraux d’aumônes, l’un à l'Asile, l’autre au faubourg St-Antoine. Elles ont été dans notre ville les devancières de la société St-Vincent-de-Paul et des religieuses de la communauté de Mme Gamelin.
Tant de charité, de zèle et de dévouement devaient produire des fruits précoces et abondants.
Le mois de mai 1842 vit la bénédiction de la pierre angulaire du nouvel édifice et le premier bazar organisé dans notre ville.
La première cérémonie fut faite, le dix de ce mois, par Mgr Power, ci-devant curé de Laprairie, qui venait d’être sacré évêque de Toronto. Trois évêques assistaient en habit de chœur : Mgr de Moniréal, Mgr Gaulin, évêque
de Kingston et Mgr de Sidyme, coadjuteur de Québec. (!) Le sermon fût prêché par M. Billaudèle, supérieur du Séminaire, qui développa éloquemment ce texte, tout de circonstance : L'œuvre que le Seigneur a commencée, il l'achèvera.
Le seizième jour du même mois, s’ouvrait à l'hôtel Rasco, l'hôtel élégant de l’époque, situé rue St-Paul en face du marché Bonsecours, le grandissime bazar préparé depuis six mois.
Les directrices étaient Mmes Gamelin, Gauvin, St-Jean, Lévêque, Boyer, Moreau, Latontaine, noms qui ont longtemps figuré à la tête de toutes les entreprises charitables de notre ville. C'était le premier essai considérable de ce genre tenté à Montréal, partant, tout un évènement. Il y en a eu beaucoup d’autres dans la suite, où l’on s’est ingénié à renouveler l'intérêt, en variant et multipliant les séductions presque à l'infini!
J'aurais aimé à retrouver aux faits divers des journaux du temps quelque description pittoresque, quelque compte-rendu piquant
(1) Mgr Turgeon, avant-dernier prédécesseur de son Eminence te cardinal Taschereau.
d’une nouveauté à laquelle dut aflluer toute la société française, surtout toute la jeunesse de la ville. Mais la Minerve, principal organe français, n’était pas encore sortie du silence où l'avait plongée la supression gouvernementale de 1837, et les Mélanges se bornent à des réclames et à des compliments discrets, tels que ceux-c1 : ‘“ On nous dit des merveilles des ouvrages destinés à la bonne œuvre et, si nous en croyons les rapports qui nous sont faits, ils sont à peine mis au jour qu'on se les assure à des prix incroyables. ” Et encore : “ Le désir d'admirer tant de merveilles suflirait pour attirer un nombreux concours, quand aux motifs d’une légitime curiosité ne se joindrait pas celui de concourir à une œuvre sainte, à un genre de bienfaisance qui s'accorde si bien avec la générosité native de nos compatriotes. ”
Et plus tard, l’œuvre déjà en train: ‘“ La charité, si ingénieuse pour opérer le bien, vient de se montrer à notre ville, sous une forme nouvelle et des plus aimables ”” ..….
C'est d'une réserve tout ecclésiastique, très séante au révérend chanoine directeur de l’œu-
vre et de la publication ! Le digne homme eut sans doute plus d’une fois à fermer des yeux indulgents sur de menues coquetteries qui firent probablement alors leur première appari-
tion, sous le couvert de “ cette forme nouvelle et des plus aimables de la charité ” et qu’une bénigne vigilance n’a pas encore eu l’imprudence de bannir de ces réunions.
Le bazar produisit £500.00. Une réédition au mois d'août, pour écouler les objets restés en mains, compléta la somme désirée et permit de pousser activement les travaux de construction. Voulant obtenir un effet décisif, Mer Bourget, faisant dès lors preuve de ce dévouement au bien public dont il a donné, au déclin de sa vie, un si mémorable et si touchant témoignage, se mit lui-même en quête d’aumônes. Pendant les deux premiers mois de l’année 1842, il fit de porte en porte, dans sa ville épiscopale, une fructueuse collecte qui vint grossir le fonds de construction. À cette occasion, l’Honorable Charles-Séraphin Rodier exprimait, dans une lettre à sa Grandeur, les sentiments de reconnaissance qu’il partageait avec tous ses
concitoyens, ‘ de ce qu’elle avait bien voulu les faire participer aux prières et bénédictions que cette heureuse maison répandrait parmi eux. ”
Tout s’annoncçait donc sous les plus heureux auspices, quand une grande déception vint tout-à-coup dérouter les associés et jeter le prélat dans une vive perplexité. Une lettre de la supérieure générale des Filles de la Charité le prévenait que sa communauté ne pouvait mettre à sa disposition les sujets qu’elle lui avait promis pour l’œuvre de Montréal.
Que faire ? Le vaisseau était lancé, presque oréé, le ciel, pur et plein de promesses; une foule nombreuse et sympathique couvrait le rivage, toute prête à saluer de ses vivats le départ de la nef et à lui rendre, par ses vœux et ses prières, les flots et les vents propices : et à. ce moment même l'équipage recruté et attendu faisait inopinément défaut! Encore une fois que faire? Tenter des démarches auprès d'une autre communauté française ? Mais peu Ge communautés réunissaient les caractères of-