CHAPITRE XVIII. - DERNIÈRES ANNÉES
et jusque dans les églises, la présenter aux docteurs de Sorbonne, en les priant de signer, de la part de Monseigneur. Quelques-uns, par dignité, refusèrent; d'autres signèrent par complaisance ou par peur ; tous sans examiner, et quelques-uns sans avoir lu, tant ils étaient pressés déplaire (1). Ils auraient, comme on le dit alors, approuvé TAlcoran avec autant ^e facilité qu'ils en mettaient k condamner le livre des Maximes.
L'auteur de la censure était Tabbé Pirot, celui même qui avait tant contribué à la publication du livre, en déclarant qu'il était tout d'or. Il est \Tai qu'en s'acbarnant, k présent, contre l'auteur, il ne faisait que se conformer k l'exemple de son archevêque : c'était peutêtre une manière de flatter. « On crut, dit l'auteur d'un mémoire, qu'il mériterait bien pour cela une lettre de la façon de M. de Cambrai. » Non, il valut mieux avoir pitié : l'abbé Pirot était de ceux qu'on n'écrase pas avec la massue d'Hercule.
On ne tarda pas k savoir, de tous côtés, comment la censure avait été faite. Les uns s'indignaient, d'autres aimaient mieux rire ; mais Rome se montra justement blessée du sans-façon avec lequel ces théologiens s'étaient permis de prononcer, dans une affaire dont le jugement était déféré au Saint-Siège (2).
(1) Animadvertio plurium doclot*um^ etc. On y trouvé les signatures de Toumély, Witace, Legendre, Boileau, etc.
(2) Sur toute cette alTaire, Fénelon, lettres à Chantérac du 27 octobre et du 7 novembre ; lettre d'un docteur de Sorbonne i un de ses amis {Correspondance de Fénelon); Mémoire sur la consultation signée par des docteurs de Paris, 1699, in-4« ; Phelippbaux, Relationj 2» part., p. 170 et 184; D'Avbiony, Mémoires chronologiques^ U IV, p. 120.
4éîÉ MADAtaË GUYOtf.
Il fiillût avoir reci^ùrs ^ des ttiôjnens pins efficaces. Bossuet ëcri^-ail, et son neveli répétait que si ïm ne frappait fort, on tie tarderait pus à s'éti rfepétttîr. Lé roi signa Une lettré adrtsèëe an Pâpé, et qu'il hésitait i faire partir, tant il la trouvait dure, c Je l'ai ipphrtivéé, dît JP» dfe Maiïltenori, et il a été rtSoîû qn'éllë partirait (1). i» En Même temps, et pt^uf fïiirt» une im^Te^iota plus vive encore, on tittt ^ fiirfe Voir qtie lé rûi S'était protiottcé, et que ÎPénêton était perdd Sans tiétour. Ldùis XlV se fit api^orter le taWeâU dte olftcieTS de là màîs'ott des princièS, et râ^a dfe sa maih te nom dé l'arche v^qtfe de Cambrai. C'était lui ôter té ûWe dé t)rtcfepteUr des éiiftnts *e FWitrtfe.
« Il ft'éSt pas p'dSSibtè, écrivait k ténéW» l'aftiié de ChâritéîCaé, que le Pâpé ptiiSse WSisteT (2). » H résista pourtant et hé promit riett, pas même de la diligente (S). Totit lé Iji^rti fut ctthsteTtté. Un ne Savait, ni en Franté, ni a Rome, comment TafTaire allait finir.
Les belles réponses de Fénelott avàieht porté leurs fruits ; plusieurs points três-importâftts étaient définitivement acquis à sa cauKé. b'âbord, il tie restait aucun doute sur là nature de Ses rapports avec M** Guyon, ni sur rîrréprôchablé intégrité dé sa vîé : là Répons à ta relation avait fermé la boiùrche à ses acctiSàteurs. En second lieu, la doctrine de Bossuet sur Tessence de la charité était complètement abandonnée : atrwm de ses partisans n'avait osé la soutenir. « Mcmseigneur, écrivait P'énetôn au ntmce, tout le monde sait que les eicamina-
(1) Lettre à M. de Noailles, 22 décembre 1698.
(2) 3 janvier 1699.
(3) Lettre de M«« de Maintenonà M. de Noailles, 20 janvier ieS9.