‹ Madame GuyonChapitre 134 sur 156 · CHAPITRE XVIII. -r- DÇÇ^ÎjII^^ES ANNÉES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. -r- DÇÇ^ÎjII^^ES ANNÉES

vivaient fs^it Uqt d'épl^t, et q\\\ ^vs^ient p{*e3qu^ iQnte rÉglise dq fraupc avec ^ux ! Vewl«Kwiç étajt gyaa^. Seulement, les usages du Saint-OfDce n'étaient pas 4^ lois ; les examinateurs n'avaient pas voie délibérative ; la moitié d'entre eux pouvaient se tromper ; ils pouvaient se tromper tPHS ; c'e^t ^Wi c^fdi]Bkaux, c'est au Pape, après tout, qu'il appartenait de juger.

Les Jésuites, prévoyant le coup, cherchèrent k le parer, en élevant ^ la hauteur d'un principe la pratique de l'Inquisition roniaine. Op ne peut pas, disaient-ils, condamner une opinion probable ; or, il est impossible de contester la probabilité d'une opinion, d^ moment qu'elle a pour elle la moitié des examinateurs (1). Mais les circonstances ne permettaient guère de prêter l'oreille k ces raisons. On déroge ûqw, (^ettc» fois, aux traditions du Saint-Office. On fit ce oui ne s'était jamais fait, et le livre passa 4i^ p^^i^s 4is$ ponsult^uF^ au jugement des cardinaux. A partir de ce moment, le Pape multiplia les lenteurs, dans l'espérance qi^'il surviendrait, un jour ou l'autre, quelque événement imprévu qui le dispenserait dp propoqper.

Les Cambrésiens entrèrent aisément dans ses vues. Ils ne se gênaient pas de déclarer qu'il y avait dans les livres des trois prélats des erreurs plus nombreuses et plus graves que dans celui de l'archevêque de Cambrai ; et les Jésuites prétendaient que si l'on censurait la doctrine du livre des Maximes^ sous prétexte qu'elle renversait l'espérance, il fallait censurer aussi celle

(1) Phelippeaux, 2« part., p. 21Ç.

de M. de Meaux, qui détruisait Tessence de la charité. En France, où tout se tourne aisément en chansons et en épigrammes, on fit k ce sujet les vers suivants :

Dans ces combats où les prélats de France

Semblent chercher la vérité,

L'un dit qu'on détruit Téspérance ; L'autre soutient que c'est la charité.

C'est la foi qui périt, et personne n'y pense (1).

Mais aucun des cardinaux du Saint-Office n'avait envie de se mettre une seconde affaire sur les bras : c'était déjà trop que d'avoir k juger le livre des Maximes. On se moquait, et même assez indécemment, des lenteurs et des embarras de Rome :

Divins monachis, quid agat manet iiucia Uoma : Hœsit quondam cmnus sic, Buridane, tuus. Quinque novum damnant, absolvunt quinque libellum ; Quod latuit nionaclioa^ papa videre nequit (2).

Un autre écrivait :

Principio litis, Fiat lux Roma peiebaU Lux facta est scriptis, Gallia docta, luis,

Lucem Rotna petit, dat claram Gallia lucetn; Judicet ergo, oculos vel sibi Roma petat (3),

Nos évêques voulurent montrer qu'il était aisé d'aller plus vite. Une censure fut précipitamment rédigée par ordre de M. de Noailles; puis on alla déporte en porte,

(1) Manusc. de Saint-Sulpice, n» 40.

(^ Manusc. de la Bibl. nat., fonds fr., 17764*

(3) Bibl. Mazarine, recueil 35377*

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