LA JEUNE FILLE
La famille Bouvier de La Motte. — Naissance de M»" Guyon. — Son éducation dans les couvents de Mont Tgis. — M"» de Montbazon et le:» Bénédictines. — Les llrsulinos. — Li reine d'Angleteire à Montargis. — Les Dominictines. — M"* de La Motte «lans sa famille. — Crise morale. — Les premières lectures mystiques et leur effet. — L*envie d'être religieuse. — Un premier amour. — Partage du cœur entre le ciel et la terre. — Le mariage.
M '^.îarj^:- i^'^t ;i.:r jo!'.» k'.Vh^ :tssir;e «lîiiis ht vallée <lu lj»iim. ail picU diiuc coliiiir. (détail an XVIl*' siècle nue petite capitale animée, florissante, comblée de privilèges et pleine de glorieux souvenirs. La famille Bouvier de La Molle était une des plus anciennes et des plus considérables du pays (1). Elle était représentée, vers
(l) .\jinos • do gueules, au chevron d'or, accompagné de trois trèfles de iiièine, deux en tête et un vn pointe. (Mss. de la bibl. d'Orléans, no 457 Ois, t. VIIJ, fol. 28. — Archives départ, du Loiret, A, 319. - D'Huzier, Armoriai général.)
le second tiers du siècle, par Claude Bouvier, écuyer, seigneur de la Motte-Vergonville (1), maître des requêtes de la reine Anne d'Autriche, et procureur du roi au bailliage et siège présidial de Montargis.
Il épousa, le 5 février 1622, Marie Ozon et en eut quatre enfants : une fille, qui fut Ursuline ; Grégoire, qui devint Chartreux ; Barthélémy, Barnabite; et Michel, docteur en théologie, conseiller et aumônier du roi, chanoine de la cathédrale d'Amiens, et plus tard curé de Saint-Saturnin de Tours.
Marie Ozon mourut, et M. de La Motte épousa en secondes noces, le 8 janvier 1645, Jeanne Le Maistrede La Maisonfort. Elle était fille de Paul Le Maistre de La Maisonfort, conseiller du roi et contrôleur général des guerres, et veuve d'Etienne Ravault de Putteville, maître des requêtes ordinaires de la reine. Elle avait une fille de son premier mari : on la mit au couvent. Ayant ainsi donné leurs enfants k Dieu, M. et Madame de La Motte purent reporter sur une nouvelle famille toute leur fortune et tout leur amour.
Ce fut un pieux ménage. Aussi loin qu'il pût remonter, M. de La Motte ne voyait que des saints dans sa famille. Lui-même était fort dévot : il aimait les moines, les sermons, les pèlerinages, et détestait les nouveautés. Surtout il était sans pitié pour les hérétiques, ce qui était alors considéré comme une vertu. Quant k M""* de La Motte, elle se distinguait par une grande charité et par une piété excessive : il lui arrivait de
(i) A deux kilomètres de Bcaune-la-Rolande, département du Loiret.