‹ Madame GuyonChapitre 48 sur 156 · CHAPITRE V. - LA VIE ERRANTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. - LA VIE ERRANTE

nonciation, elle était chez la marquise de Pruney, et quelques jours après, à Ghambéry, avec te P. La Combe. Ils y rencontrèrent le P. de La Motte, qui se rendait k l'élection du général. < Quoiqu'il affectât de Tamitié, dit M'"'' Guyon, il ne fut pas difficile de remarquer que ses pensées étaient autres que ses paroles, et qu'il avait conçu dans son esprit le dessein de nous perdre. »

A Chambéry, on se sépara. Le P. de La Motte se rendit au chapitre ; te P. La Combe, k Thonon, pour dire adieu k sa famille, et M'"'' Guyon k Grenoble. Elle y fut visitée par tous ceux qui l'avaient connue k son premier séjour ; la vérité s'était faite ; rien ne semblait rester des mauvais bruits qu'on avait fait courir. L'évéque lui témoigna plus de bonté que jamais, lui recommandant de ne point dogmatiser, et de prendre soin de ses affaires et de ses enfants (1).

L'année suivante, il adressait au lieutenant-général Le Camus, son frère, une lettre où it rend hommage k la piété de M*"* Guyon et k ses vertus (2).

La Combe avait rejoint M*"* Guyon. Ils partirent ensemble de Grenoble, et prirent ta route de Bourgogne, pour se rendre k Paris. Ils flrent, k Châlons-sur-Saône, la connaissance du chanoine Bernard, qui les adressa k Claude Guillot, le plus fameux directeur de Dijon (5). Guillot, qui connaissait le Moyen Courte n'omit rien pour bien recevoir l'auteur. 11 fit prêcher le P. La Combe

(i) Lettre da cardinal Le Camus au duc de Ghevreuse, le 18 jan- ▼ierl605.

(i) 28 janvier 1687.

(^ U eiiste une histoire du Guillotisme imprimée en 1703.

aux Visitandines et amena ses pénitentes au sermon ; il s'instruisit lui-même k fond de la nouvelle doctrine. M*"*" Guyon, en le quittant, lui laissa, pour les distribuer, un grand nombre d'exemplaires du Moyen court. Dijon devint ainsi un des foyers du nouveau mysticisme (1).

(1) V. rhistoire de Micaut, curé de Saint-Michel de Dijon, et de ses béates. Nouvelles ecclésiastiques ^ septembre 1688. (Bibl. Sainte^reneviève.)

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