‹ Madame Guyon, sa vie, sa doctrine et son influence; d'après le écrits originaux et des documents inéditsChapitre 113 sur 152 · CHAPITRE XII. — SECONDE CAPTIVITE. 279 f · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. — SECONDE CAPTIVITE. 279 f

ais a Dieu et à sa sainte vérité, ({ue je n ai dit ni lait aucune des choses qu'on m'impute... Si je ne me suis pas autant expliquée contre ces horribles excès que la chose le demandait, dans mes deux petits livres, c'est que dans le temps qu'ils ont été écrits, on ne parlait point de ces sortes d'épreuves, et que je ne savais pas (pi'on eût enseigné ou qu'on enseignât de si damnables pratiques. »

En même temps qu'il recevait ces deux pièces, Bossuet, de lui-même, remettait a M*"^ Guyon le certificat suivant:

« Nous, évêque de Meaux, certifions ,à qui il appartiendra qu'au moyen des déclaration et soumission de M""" Guyon, que nous avons par devers nous, souscrites de sa main, et des défenses par elle acceptées avec soumission d'écrire, enseigner, dogmatiser dans l'Eglise, ou de répandre ses livres imprimés ou manuscrits, ou de conduire les âmes dans les voies de l'oraison, ou autrement ; ensemble, des bons témoignages qu'on nous a rendus depuis six mois qu'elle est dans notre diocèse et dans le monastère de Sainte-Marie, nous sommes demeuré satisfait de sa conduite et lui avons continué laiiarlicipation des saints sacrements dans laquelle nous l'avons trouvée (1) ; déclarons en outre qu'elle a toujours détesté en notre présence les abominations de Molinos et autres condamnés ailleurs, dans lesquelles il ne nous a point paru qu'elle fût impliquée; et nous n'avons entendu la com-

(1) Il avait pris dans ce long intervalle les informations les plus exactes sur les bruits peu avantageux, et même sur les inculpations très-graves qu'on avait répandues contre elle. (Bausset, Histoire de Fénelon, liv. ii, chap. xxvii.)

prendre dans la mention qui en a été faite par nous dans notre ordonnance du 16 avril 1095 (1).

Signé : « J. Bemgne, évêque de Meaux. »

Et phis bas : « Par mon dit seigneur, Le Dieu. »

« Comme il y avait six mois que j'étais a Meaux, dit M""' Guyon, et que d'ailleurs ma santé était très-mauvaise, je demandai a M. de Meaux s'il était content, et s'il ne désirait rien davantage. 11 me dit (jue non. Je lui dis que je m'en irais donc, parce que j'avais besoin d'aller 'a' Bourbon. Je lui demandai s'il trouverait bon que je vinsse finir mes jours chez ces bonnes religieuses, car elles m'aimaient beaucoup. Il en fut très-content et me dit qu'il me recevrait toujours avec plaisir, que les religieuses étaient très-contentes et très-éditiées de moi, et (|ue pour lui il s'en retournait a Paris (2). Je lui dis que ma lille ou quelques dames de mes amies me viendraient quérir. Il se tourna vers la supérieure et lui dit : « Ma mère, je vous prie de bien recevoir celles qui « viendront quérir madame, soit madame sa lille, soit des « dames de ses amies, de les loger et coucher dans votre « maison, et de les y garder tant qu'elles voudront (5). »

La paix était faite. Le soir du même jour, M'"" Guyon écrivait a Bossuet : « Je prends la liberté de vous olfrir ce tableau, (pii passe parmi ceux qui s'y connaissent pour être assez bon (4). 11 y a longtemps que j'aurais pris

(t) Œuvres complètes de Bossuet, éd. Lâchât, 1865, t. XXVIII, p. 656.

(2) Ces détails soûl confirmés par Bossuet. {l{elatio)i sur lequiètisme, éd. orig., p. 51.)

(3) Vie de M™-* Guyon, 3^ partie, chap. xix.

(4) L'abbé Le Dion nous apprend que ce tableau représentait la Vierge tenant l'Enfant-Jésus. Il y a dans la belle collection des œuvres

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