CHAPITRE XII. — SECONDE CAPTIVITÉ
la conliance de le présenter a Votre Grandeur ; mais je voulais que toutes ces affaires fussent terminées auparavant. Faites-moi la grâce de l'agréer comme un témoignage de mon respect et de ma reconnaissance. Je vous envoie aussi deux petites boites pour vous récréer par leur nouveauté. La plus petite est l'emblème de la conliance que je veux avoir toute ma vie en Votre Grandeur. »
Le lendemain Bossuet partit pour Paris : il allait sacrer Fénelon. Le jour suivant, Se rendant a Versailles, il rencontra sur le chemin la duchesse <le Mortemart et la comtesse de Merstein, sa nièce, (pii allaient a Meaux, chercher M'"*" Guyon (1). Habituée aux variations de Bossuet, et à ses retours de Versailles (2), M'"'' Guyon n'avait pas voulu perdre une heure de sa liberté. Elle demanda précipitamment une voiture. Sa lille se trouvait a Vaux, M"^^ de Charost a Forges ; la duchesse de Mortemart accourut avec M'"^ de Merstein (5). « Elles arrivèrent pour le dîner; elles dînèrent, soupèrenl et couchèrent, et dînèrent encore le lendemain ; puis, sur les trois heures, nous partîmes (4). »
^piie Guyon emportait, avec le certilicat de Bossuet, la pièce suivante, dont l'importance est capitale :
de Sébastien Leclerc, à Saint-Sulpice, une estampe que nous sommes porté à regarder comme la gravure de ce tableau. Ce ([ui est certain, c'est que la tête de M™« Guyon, dans la gravure allégorique dunt nous avons parlé page 188, semble calquée sur celle de la Vierge dans l'estampe que nous signalons.
(1) Phelippeaui, Relation, 1" partie, p. 170. C'était, dit Le Dieu, un vendredi, le 8 juillet, par conséquent.
(2) Elle avait remarqué que chaque fois qu'il allait à Versailles, il en revenait plus animé contre elle.
(3) Lettre de M™^ Guyon à Bossuet, juillet 1695. (4; Vie de M'^" Gwjon, 3" partie, chap. xix.
« Nous, soussignées, supérieure et religieuses de la Visitation de Meaux, certifions que M*"* Guyon, ayant demeuré dans notre maison par l'ordre et la permission de Monseigneur Tévêque de Meaux, notre illustre prélat et supérieur, l'espace de six mois, elle ne nous a donné aucun sujet de trouble ni de peine, mais bien de grande édification, n'ayant jamais parlé à aucune personne du dedans et du dehors qu'avec une permission particulière, n'ayant en outre rien reçu ni écrit que selon que mon dit seigneur lui a permis ; ayant remarqué en toute sa conduite et dans toutes ses paroles nne grande régugularité, simplicité, sincérité, humilité, mortification, douceur et patience chrétienne, et une vraie dévotion et estime de tout ce qui est de la loi , surtout au mystère de l'Incarnation et de la Sainte-Enfance de Notre- Seigneur Jésus-Christ; que si ladite dame nous voulait taire l'honneur de choisir notre maison, pour y vivre le reste de ses jours dans la retraite, notre communauté le tiendrait à laveur et satisfaction. Cette protestation est simple et sincère, sans autre vue ni pensée que de rendre témoignage a la vérité.
« Fait le septième juillet mil six cent quatre-vingtquinze.
« S"^ Françoise-Elisabeth Le Picart, supérieure;
« S' Madeleine-Aimée Gueston ;
« S' Claude-Marie Amairy ;
« S" Geneviève-Angélique Kukfin ;
« S' Marie-Amélie de Ligny (1). »
(1) Œuvres complrles de Bossuet^ t. XXVIII. p. 657; Œuvres de Fénclon, Correspondance sur le quictis)nc, n» 87.