‹ Madame Guyon, sa vie, sa doctrine et son influence; d'après le écrits originaux et des documents inéditsChapitre 41 sur 152 · CHAPITRE IV. — LA VOCATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — LA VOCATION

C'est pendant cette maladie (ju'elle aida le P. La Combe a fonder un hôpital a Tlionon, et à établir des dames de charité, qui allaient porter des secours à ceux qui ne pouvaient point quitter leurs familles. Par ses bienfaits, par sa piété, par sa patience et sa douceur, elle fut aimée dans tout le pays, comme elle Pavait été aux Ursulines (1). Ses idées mystiques commençaient à faire leur chemin dans le couvent (2) et au dehors.

L'évêque de Genève s'alarma. « Je ne puis approuver écrivait-il, qu'elle veuille rendre son esprit universel, et qu'elle veuille l'introduire dans nos monastères, au préjudice de celui de leurs instituts : cela divise et brouille les communautés les plus saintes. Je n'ai que ce grief contre elle ; 'a cela près, je l'estime et honore au-delà de Pimaginable (3). »

Voyant que les Ursulines étaient persécutées à cause d'elle, M'"' Guyon les quitta.

(1) Histoire du Quiétisme, par le P. Romain Joly. (Mss. de la Bibl. nat., p. 70.)

(2) Le P. Romain Joly remarque que les filles enfermées sont bien plus faciles à entraîner que les autres. Il donne pour raison la solitude, l'oisiveté du cloître, la curiosité, Tignorance et la présomption. (Ibid.)

(3) Lettre de M. d'Aranthon, 2'J juin 1683. Fénelon fera plus tard usage de cette lettre, dont il possédait l'original.

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