‹ Madame Guyon, sa vie, sa doctrine et son influence; d'après le écrits originaux et des documents inéditsChapitre 52 sur 152 · LA DOCTRINE · texte numérisé non relu

LA DOCTRINE

I. Le Moyen court. Nécessité, facilité, efficacité de l'oraison. — Union avec Dieu, anéantissement de soi. — Fécondité de cette union : les vertus. — Conciliation de l'action prédominante de Dieu et de l'activité personnelle. — Actes sensibles et actes insensibles. — Les actes de la vie chrétienne dans l'état mystique. — Approbation, propagation du Moyen court. — Jugement de Bossuet. — II. Les Torrents. Les trois voies pour arriver à Dieu : la voie active de la contemplation, la voie passive de lumière, la voie passive en foi et ses différents degrés. — Les opérations de Dieu dans les âmes : les plus belles actions rendues faciles; la vanité et l'humilité impossibles. — Persistance de la personnalité humaine dans l'absorbement en Dieu. — Transformation de la liberté. — Permanence de l'état des parfaits. — Progrès indéfini.

Le renoncement h toutes les douceurs de la vie, à son propre esprit, a sa volonté, k tout son être ; Tabandon de soi a Dieu, à la raison et à la volonté de Dieu; Tindifférence à tout le reste : telle est la pensée dominante de M""^ Guyon et comme le fond de ses dispositions mystiques.

La règle élevée de sa conduite, c'est la soumission à la volonté de Dieu. Une crédulité aveugle et siipcrsti-

lieuse a prendre pour la volonté de Dieu tout ce qu'on lui dit l'être ; une résignation trop absolue, qui ressemble au fatalisme et tue l'eft'ort de la liberté : voila son tort et son malbeur. L'équilibre est rompu dans cette âme : la raison, le jugement, la volonté y sont faibles; la sensibilité et l'imagination, vives et fortes ; les influences d'une organisation nerveuse, délicate et maladive s'y mêlent aux suggestions de l'ignorance, aux inspirations de la foi, peut-être aussi 'a quelque intervention surnaturelle, qui n'est point évidente, (jui n'est pas impossible, et que nous ne voulons ni reconnaître, ni contester. De la ce mélange d'illusions, de rêves, de faits singuliers, de théories ingénieuses et de spéculations hardies : la perte en Dieu, l'amitié mystique, les communications silencieuses, la connaissance de Tétat des âmes, les prédictions, les miracles, l'interprétation inspirée de l'Ecriture, et toutes ces choses que M'"'' Guyon explique par l'union des facultés de l'àme humaine a la raison et a la volonté de Dieu.

Dans ses mémoires, écrits pour son directeur et par son ordre. M'"" Guyon raconte ingénument tontes les expériences de sa vie mystique. Mais elle a, d'un autre côté, réuni ses idées pour en faire un corps de doctrine. Cette doctrine est renlerniée dans deux petits livres : le Moyen court et les Torrents.

C'est a Grenoble, dans les premiers mois de l(i85,que fut imprimé le Moyen court (1). Le but de l'auteur est de porter ((uil le monde a aimer Dieu. Elle possède une

(1) Moiioi courl et très-l'acile de faire oraison, que tous pcuvoit pratiquer trrs-aiicnioit, et arrirer par là ifaiis peu de tonps à une haute perfection.

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