CHAPITRE V. - LA VIE ERRANTE
noncialion, elle était chez la marquise de Priiney, et quelques jours après , a Chambéry , avec le P. La Combe. Ils y rencontrèrent le P. de La Motte, qui se rendait à l'élection du général. « Quoiqu'il affectât de l'amitié, dit M""" Guyon, il ne fut pas difficile de remarquer que ses pensées étaient autres (jue ses paroles, et qu'il avait conçu dans son esprit le dessein de nous perdre. »
A Chambéry, on se sépara. Le P. de La Motte se rendit au chapitre; le P. La Combe, a Thonon, pour dire adieu 'a sa famille, et M"'" Guyon a Grenoble. Elle y fut visitée par tous ceux qui l'avaient connue à son premier séjour ; la vérité s'était faite ; rien ne semblait rester des mauvais bruits qu'on avait fait courir. L'évêque lui témoigna plus de bonté que jamais, lui recommandant de ne point dogmatiser, et de prendre soin de ses affaires et de ses enfants (1).
L'année suivante, il adressait au lieutenant-général Le Camus, son frère, une lettre où il rend hommage a la piété de M'"" Guyon et à ses vertus (2).
La Combe avait rejoint M'"'' Guyon. Ils partirent ensemble de Grenoble, et prirent la route de Bourgogne, pour se rendre à Paris. Ils firent, 'a Châlons-sur-Saône, la connaissance du chanoine liernard, qui les adressa à Claude Guillot, le plus fameux directeur de Dijon (5). Guillot, qui connaissait le Moyen Court, n'omit rien pour bien recevoir l'auteur. Il fit i)rêcher le P. La Combe
(1) Lettre du cardinal Le Camus au duc de Chevreuse, le 18 janvier 1695.
(2) 28 janvier 1687.
(3) Il existe une histoire du Guillolistne imprimée en 1703.
aux Visilandines et amena ses pénitentes au sermon ; il s'instruisit lui-même a fond de la nouvelle doctrine. ^^me QuYQjj^ gn \q quittant, lui laissa, pour les distribuer, un grand nombre d'exemplaires du Moyen court. Dijon devint ainsi un des foyers du nouveau mysticisme (I).
(1) V. l'histoire de Micaut, curé de Saint-Michel de Dijon, et de ses béates. Nouvelles ecclésiastiques,, septembre 1688. (Bibl. Sainte-Geneviève.)