SERVENT LES ONCLES
Inonde eit un comparlimenl de la famille.
II' se déplace à Tolouté.
A QUOI 8BBVE1IT LBS OHCLB8.
Depuis que j'ai pris fermement la résolution de TOUS conter cette histoire , il me semble , en Térité , que je ressens déjà les puissans et terribles effets de l'influence que je brave ici. J'a- Toue cependant que le nom dont j'ose ni'emparer — et c'est encore le nom d'une femme!
— n'est ni d%pagne md'Ita]ie;et, je l'avoue, ce n'est ni le poignard ni le poison que je redoute en cette affaire. Plus assassines, je tiens, les douces paroles sous lesquelles, comme une drogue amère dans une blanche hostie, les femmes de Paris savent envelopper leurs ressentimens.
Or, madame de Cha m pmercier est Parisienne.
Née, élevée à Paris, Mariée à Paris; c'est sur-
tout à Paris ausû que madame de Champmercier a sa se perfectionner dans cette immense science de la vie qui, pour les femmes de ce pays, touche à tous les points du bonheur commun et en fait les femmes les plus coléopières de l'espèce. Je veux dire la délicate et miraculeuse aptitude qu'elles possèdent toutes à ne se hasarder jamais aux afiblemens de leur nature , qu'en les mesurant scrupuleusement sur les convenances du monde : Clef d'or qui, entre les mains d'une femme habile, peut devenir l'instrument d'une grande considération et d'un grand pouvoir; l'introduire dans toutesles confiances et fermer tous les doutes. Moyennant quoi , elle est libre d'aller partout et toujours seule , et sans être masquée comme le sont les autres femmes; jusqu'au jour cependant où son talisman lui échappe, jusqu'à l'heure oà son in vigilance le lui fait perdre ; jusqu'à ce terme enfin où , — comme il se fait en ce moment, — un homme s'en empare qui préfère au doux prix du rachat qu'on lui ofire, le plaisir de forcer lui-même le sanctuaire , au risque de ce qui peut lui en arriver.
Ceci est donc une histoire et non pasunoonte: AU i» true.
Madame de Ghampmercier a un oncle que
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chacun estime ; un niedèle d'oncle. Il est vrai cpetont ce que la predif^ natoreaceorda à cet honnête parent de la tendre sollicitude particulière aux oncles, et de la rare sagacité hahitoelle aux célibataires (M. d'Auvernay-le»- Bms eut la fortune de ne se marier jamais), fat, en sa qualité de célibataire et d'oncle, constamment dirigé par lui vers ce but si désirable pour un oncle célibataire : Donner à une nièce chérie un témoignage vivant de l'intérêt qu'on lui porte — un mari. Il est encore vrai que.eet oncle est quasi-millionnaire, et tient habilement suspendues au fil de ses quasimillions les trop justes espérances de sa niècîe, sa plus proche héritière , et qu'à ce titre il s'est habitué à guider danê les sentiers diffkcile» de la vie. Mats il est vrai , surtout, il est malheureusement trop vrai que, toujours au même litre, le malencontreux oncle est eoupable du plus détestable forfait , à savoir t Le i»ariâge de sa nièce avec M. de Champmer<»er, un on mal assortie et révoltante en son principe, comme il sera démontré postérieurement.
- C'est pourquoi, ayant Ciît cette sottise, M. d'Auvernay-les-Bois , bonhomme au demeurant, ne laissa pas d'à voir des remords. U comprit qu'il avait fait une sottise. Aussi, par une
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matinée d'avril dernier, sous l'înfluenoe de ses remords et d^une fausse digestion de la veille, s'empressa-t-il de revêtir sa houppelande et de s'armer- d'une grande résolution. Son projet était de se rendre immédiatement chez sa nièce ; son hut , d'éclairer cette chère enfant sur les dangers d'une fausse position dans le monde.
Et il s'y rendit.
Des détails suivans, il appert qu'il n'eut pas besoin de Téclairer.
En arri vanta l'hôtel Gharapmercier, H. d'Auvernay-les-Bois trouva le maître du lieu, son neveu par alliance, comme disait lebonhomme, debout sur le perron, parlant haut, gesticulant , ayant en main un fouet de chasse, et en* touré d'une demi-douzaine de chiens qu'il fustigeait activement. C'était pitié. Les pauvres bétes remplissaient la cour des plus lamentables clameurs.
— Ceci les entretient en joie et en santé, dit Ghampmercier du plus loin qu'il aperçut M. d'Auvernay. — Bonjour , petit oncle ! je suis vraiment charmé de vous voir; vous permettez ?
Et il se remit avec une nouvelle ardeur à dépecer le dos de ses chiens»
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— £t, tenez , continua M. de Ghamproercier , pendant que les hûrlemens redoublaient , c'est en même temps pour moi un utile exercice; ça force le sang à la circulation.
— Le sang des chiens..... sans aucun doute!
dit M. d*Auvernay, traversant alors le perron au pas de course. £t il ajouta à voix basse : — Quel gaillard que mon neveu par alliance !
— A propos, petit oncle , dit encore Thomme aux chiens en le voyant escalader rapidement l'escalier qui menait aux appartemens de madame Champmercier , présentez donc vousmême mes baise-mains à Augustine,.. et surtout tâchez d'être plus heureux que moi! Voilà au moins trois ou quatre fois depuis ce matin qu'elle me fait refuser sa porte. C'est inconce-* vable.
Jugeant alors , et ses chiensaussi, qu'il avait pris assez d'exercice, M. de Ghampmercier consulta ses deux montres. Il était midi. Un groom fut appelé ; la laisâe lui fut confiée.
— Menez de suite les chieas au chenil, et faites-leur préparer une lippée de earottes.
— Yes, 8ir!
— De carottes coupées.
— Ye9, sir!
— £n tranches très fines.