‹ Madame IsabelleChapitre 7 sur 22 · A. QUOI SERVENT LES ORGLES · texte numérisé non relu

A. QUOI SERVENT LES ORGLES

— QhyeM ,êir!

En passant de? ant la lace du concierge , H. de Champroercier cria à un deuxième groom qui en sortait.

«— Si madame me fait demander, tous dires que je suis au Jardtn-des-Plantes.

Ce deuxième groom qui sifflait uu air d'opéra comique, ne daigna pas même répondre :— Oh yes, sir! quoique ce fût une consigne générale pour toute la maison ; et M, de Champmercier eût eu le loisir de faire de sérieuses réflexions sur l'insolence de ses gens, s'il n'eût été préoccupé du soin exquis de répéter aveo indication plus formelle:

— Au jardin-des-Plantes, vous entendei?

section des arbustes équatoriaux.

— £quato-quoi ? fit le groom né malin.

— Toriaux, répéta gravement Champroercier, sans plus s'embarrasser de ce drôle.

Le groom se remit à siffler. Le maître a^ait franchi la porte.

Cependant M. d'Âuvernay-les-Bois était cbet sa nièce. Il s'était assis près de la cheminée , dans une ganache, sorte de chaise basse à l'usage des vieillards auxquels elle emprunte son nom, étalait tiré de sa poche un immense prospectus d'une entreprise à primes, qu'il avait l'air de Hre au moyen d'un non moins immense lorgnon suspendu à son cou.

Cettecontenance banale , mais commode , le dispensait de faire les frais d'une conversation quelconque. D'ailleurs il n'était point alors en humeur déparier, quoiqu'il fut venu exprès pour cela. Bès son entrée, il avait fiché ses yeux , comme des flèches dans une cible , en

plein des rideaux de l'alcôve , d'où il ne les avait plus détachés, depuis qu'il avait cru y surprendre quelques équivoques ondulations.

Jtfadame de Champmercier enveloppée dans une longue redingote de flanelle anglaise , les pieds délicatement chaussés dans des pantouffles de velours , et la tête entourée d'un nuage de dentelles, occupait l'autre coin de la cheminée. £ile, aussi, était muette; mais son attitude était saisissante. Sa main droite , armée d'un écran, disposait de telle sorte le frêle et brillant retranchement , que, sans paraître autrement occupée qu'à en comprendre la mignonne peinturefaite d'oiseaux et de bouquets mêlés, elle dirigeait habilement sa guerre d'observation , et ne perdait aucun des mouyemens de son oncle. Par une tactique de rare prudence, sa main gauche, comme oubliée sur le marbre de la cheminée où elle se dessinait dans toute la pureté de ses formes, avait atteint le cordon de sonnette et jouait négligemment ayec le gland d'or qui en terminait le câble de soie.

Evidemment, «t sans tenir compte que de son immobile anxiété, madame de Ghampmercier était en ce moment sous le coup d'un actif et puissant effroi. Quant à son QQcle , à ses

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brusques mouvemens , à l'agitation mal oomprimée de ses lèvres qui semblaient réciter quelque secret exorcisme, il était facile de juger qu'il se débattait de plus en plus dans les liens d'une fiévreuse curiosité. Aureiste , comme il était venu pour adresser à sa nièce quelques remontrances amicales sur le danger des relations irrégulières , il ne voulut pas tarder plus long-temps k les lui transmettre; et dit, en abaissant un peu son prospectus'-journal pour fixer plus commodément ses yeux gris et luisanssur le vif et inquiet regard d'Augustine :

— Madame, il y a un homme caché sous les rideaux de votre alcôve ! Et , avant que madame de Champmercier eût songé à répondre un seul mot on à faire le moindre geste , il ajouta :

— C'est M. de Montgray! dites, je vous prie, à M. de Montgray de sortir de là. Ce n'est ni une manière convenable de se tenir dans l'appartement d'une femme qu'on respecte, ni un expédient heureusement choisi pour ménager une surprise à un vieil ami.

£t comme personne ne bougeait derrière les rideaunf :

— Ah! mon cher de Montgray, reprit M. d'Auvernay parlant aux rideaux , est-il possible quo vous me fuyiez à ce point pour une visite ou- I. 13

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Miée ? Un diplomate ! n'avez-TOus pas honte ? On dirait un écolier qui a Yolé des cerises.

To«t en parlant ainsi au personnage mystérieux qui persistait à ne pas quitter l'alcôve , M. d'AuTernay s'était leré. Madame de Champmercier se jeta au-devant de lui. Il prit les mains, qu'elle lui abandonna, espérant le retenir encore.

— Certainement, mon oncle... dit-elle d'une roix émue, je ne pensais pas... je ne pouvais pas prévoir...

— Que je m'introduirais de la sorte chei vous ? C'est bien mal, n'est-ce pas? Pardonnez moi , mon enfant !

L'oncle eut recours à une petite toux pour s'enhardir à l'audacieuse transition qu'il se décida instantanément à tenter.

— J'avais entièrement oublié que vous aviez., que vous deviez avoir un amant , Augustine.

— Mon onde!... monsieur!...

— Et cependant j'ai fait votre mariage. Mais il en devait être ainsi ; c'est ma faute* Il n'en arrive jamais autrement des mariages dont je me mêle. Et pour le vôtre , néanmoins*, j'avais agi suivant toutes les probabilités des unions sortables; mais n'en parlons plus.. 4. C'est-à-dire, au contraire, puisque l'occasion s'en présente,

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parloQs-en — uoe bonne fois — pour en finir — conime, aussi bien, c'était- mon intention en Tenant chez vous ce matin.

Ici madame de Champmereier voulut placer quelques mots; mais M. d'Au?ernay ne lui en laissa pas le temps. II continua, sans rien en* tendre.

— Donc, c'est M. de Montgray qui a trouvé grâce devant vous. £h bien f pourquoi rougir?.. Qu'est-ce que ça prouv(j? Qu'à l'endroit du mariage , ma nièce , votre vieil oncle n'a été qu'un sot. Voilà tout. M. de Montgray est un galant homme; et, quoiqu'il nous entende, je puis le dire ici : c'est l'homme que je vous aurais offert moi-même, Augustine, en réparation de celui que je vous ai si fatalement imposé^ si une réparation de cette nature m'eût été permise , à moi, votre oncle et célibataire. Ce qui me rassure encore pour votre bonheur , c'est que 9. de Blontgray a de V^expérience , et qu'il est incapable de compromettre la femme qui pour lui a été bonne» M. de Blontgray est gentilhomme, de bonne souche; à ces causes, je l'estime et je l'aime... Seulement, il a tort, bien tort , de s'entêter davantage à se blottir ainsi sous des paquets de mousseline... Fi , le vilain !

£t , en prononçant ce dernier mot, M. d'Au-

14B A QUOI SERYEKT LES OICGLES.

vernay qui , pas à pas et malgré sa nièce , s'était, à chaque pause de sa longue période, assez rapproché de l'alcôve pour en toucher maintenant la blanche muraille, étendit le bras, et, par un mouvement prompt et inattendu, fit rouler les rideaux sur leur tringle dorée. L'asile était violé. Madame de Champmercier tenait sa figure cachée entre ses mains. L'œil profane du vieillard, que nous ne pouvons en ce mo« ment comparer qu'à celui d'un joueur où se • reflète la teinte jaune de IW qu'il convoite, plongea avec délices dans la mystérieuse horreur de la couche d*une femme, et en dévasta chaque recoin avec une volupté diabolique.

Mais tout à coup il s'éteignit et s*immobilisa sous l'are contracté de sa paupière, comme l'œil d'un poisson minéralisé. Ce n'était point M. de Montgray qu'il venait de découvrir. Il n'avait devant lui qu*un pâle et tout jeune homme, assis sur l'édredon du lit, dans la posture d'un suppliant ; pauvre et timide enfant, honteux d'avoir été trouvé en bonne fortune, plus qu'une jeune fille surprise en jupon de nuit.

-^ Hein?*., quéque c'est que ça 9 s'écria enfin le yieillard , en qui cette étrange apparition avait si violemment détendu le voile facial, que la prostration nerveuse de ses traits lui donnait absolument Tair d'un imbécile.

— Ah! par exemple!... mais c'est fini... j'ai du malheur — même en dogmes réparateurs!...

Car enfin , ma nièce, c'est tromper ici plus que votre mari; c'est tromper de Hontgray, c'est nous tromper tous; tous êtes ingouvernable! Mon Dieu! mon Dieul ajouta-t-41 en se croisant les mains d'un geste désespéré , le célibat est-il donc l'état naturel de l'homme? ou dans quel siècle vrvons-nous ?

Puis, se tournant vers le jeune homme :

iS.

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— Eh bien! monsieur, sortirez-vous de là ?

dit-il... oui, c^est joli! riez; je vous le conseille...

Mais un regard jeté sur Angustine, qui s'était laissé tomber sur un divan , et pleurait en silence , lit fondre dans son cœur toute parole sévère.

— Allons! dit-il ,^ va-4'elle pas se trouver mal à présent ? toutes les sottises à la fois... Augustine! mon enfant l£t il courut à elle.

— Augustine l chère Augustine! dit à son ^ tour le jeune homme en sortant précipitamment de Talcôve.

£t il allait jeter ses deux bras au cou de madame de Cbamproeseier. Le vieillard le retint.

— £h bien! a-t-on l'idée d'une pareille conduite, monsieur? et jusqu'en m» présence!

Mais le pauvre oncle était lui-même sur le point d'embrasser sa nièce à la vue des larmes qu'il avait fait répandre.

— Vous nous avea mis là dans une èelle position! reprit-il, en s'adresaant à son nonvel ami dont il put en ce moment apprécier les formes élégantes et la charmante figure.

— C'est qu'il n'est pas mal du tout , oe chérubin-là !

Et comme le chérubin s'était déjà assee fiiniîlièrement emparé des mains de l'onde.

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— Allons, dit celui-ci du ton dont parlent les Auvergnats à leurs marmottes, voulez-vous pas aussi me séduire, mauvais garnement?

mais je vous préviens que ça finira mal... on n'est pas plus effronté que ce garçon«là ! — A propos, dit encore l'oncle, pendant que nous y sommes , comment se nomme monsieur ? le voilà, pardieu, bientôt dans mes poches sans que je sache...

— Roland de Yanières, se hâta de répondre le jeune homme , en rendant à M. d'Auvernay la liberté de ses mains.

Pendant ce temps, madame de Champmercier avait à peu près séché ses pleurs. On se rapprocha. L'oncle ne paraissait pas trop mé-*^ chant. Il ne restait donc plus qu'à lui faire payer rénormité de son indiscrétion.

— Ah;! dit-il, après quelques minutes de silence, TOUS êtes un de Yanières... hien! bien ! bien !.. j'ai'beaucoup connu votre père, jeune homme! Un farceur... pardon : un bien aimable homme... C'est prodigieux! £t, en effet, plus je vous regarde...

Mais'derechef , M. d'Auvernay s'interrompit , remettant à une meilleure occasion son Heu commun des ressemblances de famille.

k QVOX SERVENT LES ONGLES. 15^

— H. Roland! M. de Vanières! s'écria- 1- il, en frappant du pied d'une manière formidable, car le jeune homme paraissait avoir cofnplètement oublié la présence de l'oncle, M. Roland , vous vous oubliez , c'est -à - dire vous oubliez que je suis là ! Je ne puis pourtant pas fermer les yeux ! et il ajouta en baryton : — Me prennent-ils donc pour le portier de Cythère ? puis, interpellant sa nièce : — Et vous, Augustine, qui souffrez dépareilles folies, ne devriez-vous pas avoir quelqu'empire sur cet enfant ?

Augustine hocha la tête en souriant.

— Au moins, ma chère, faut-il vous tirer de là ! et si monsieur s'obstine à ne rien écouter...

— Mon oncle, je vous écoute, moi, dit Augustine, mon bon.oncle, mon bon petit oncle... Tenez! voilà Roland qui vous écoute aussi :

que faut-il faire, dites? car, maintenant, je suis incapable de prendre un parti; mon cher oncle , ne nous abandonnez pas. J'ai peut-être été imprudente, je 1© confesse; mais vos cruelles railleries m'en ont bien punie. D'ailleurs, c'est contre ma volonté que monsieur s'est ainsi caché ; il peut le dire. Il ne vous précédait que de quelques minutes , et , entendant votre voix sur l'escalier, l'idée lui vint de ce mauvais tour... — Mais parlez donc, monsieur! ajouta-

154 A QUOI SBEYBHT LBS ONGLES.

t*elle, en poussant le jeune homme du côté de M. d'Âuvernay, dites à notF» ami combiei»

vous êtes £aché de tout cela, méchant Roland t qui m'avez exposée même aux soupçons d'un si bon oncle! — £t jugez donc»^ monsieur, du résultat de votre étourderie, si^ au lieu de cet oncle, homme sévère mais juste, et qui sait combien peu. ou doit se fier aux appareuces ,. vous rencontriez ici...

— 31. de Champmercièr! cria la voix d'une femme de ehambre , de plantou derrière la porte ; voilà M. de Champmercier !

Ce fut un coup de foudre pour ehacun de nos trois personnages.

Puis à intervalles d'une seconde de silence.

— Il traverse la cour... Il est sur le perron. .« il monte Fescalier...

On entendit alors les pas menus et rapides de la femme de chambre qui s'enfuyait , puis le retentissement de bottes qui s'approchaient. On frappa trois petits coups à la porte. C'était M. de- Champmercier;

— Je suis perdue! dit Augustine.

— Nous sommes ruinés ! s'écria l 'oncle.

— N'ayet pas peur ! dit le jeune homme ^ et il remua deux ou Crois chaises comme pour faire une barricade.

— Il s'agit bien de soutenir un siège ! dit le vieillard.

— Roland, par pitié , ne bougez pas!... dit madame de Champmercier.

On frappa une seconde fois.

— Ouvrez donc ! dit le mari.

Alors, d'un doigjt placé sur sa bouche, prescrivant le silence; et, par un geste rapide, exilant aux deux coins de la chambre Roland

et M. d'Auvernay ; de peur , qu'à travers la serrure , le mari ne jetât quelque indiscret regard , madame de Champmereier répondit d^une voix très calme : — Est-ce vous , mon ami ?

Elle ajouta vite et à voix basse : — M. d'Auvernay ouvrez cette armoire... à gauche... dam* le bas...

Et à haute voix pendant que le mari continuait de frapper :

— Que désirei-vous donc, monsieur?

L'oncle avait ouvert l'armoire.

— Je ne pourrai jamais tenir là-dedans ! s'écria Roland épouvanté, c'est un placard!

— Eh ! qui vous parle de vous y mettre ? dit madame de Champmereier, que cette niaiserie de l'écolier acheva de rendre à elle-même — Mon oncle, aidez , je vous prie, monsieur à s'habiller; il a , je crois , perdu la tète.

L'oncle fonctionnait absolument comme une machine — par impulsion.

Madame de Champmereier ne parlait plus»

mais sa pantomime était pressante.

Sur ses indications , l'oncle atteignit successivement :

Une longue robe de soie brune ,

Une immense capote avec —

SEEYBfCT LES OIICLE8. 157

Son TOile ,

Un schall et

Jusqu'à un éventail.

En moins d'une minute , Roland fut affublé de tout cela.

Madame deGharapmercier lui poussa un fauteuil et il allait s'y blottir — comme un bichon dans une corbeille — lorsque l'arrêtant d'un regard sous lequel elle le foudroya :

— Assis , monsieur ! assis ! lui dit-elle , il ne s'agit pai} de se cacher. Je ne vous demande plus qu'un peu de contenance.Vous êtes mademoiselle Laure de Beaumont.

— Mais ce damné homme qui frappe toujours ! dit l'oncle que la peur enlaidissait de plus en plus.

— £h bien ! laissez-le frapper, dit Augustine.

Cependant les coups redoublaient à la porte.

Alors , madame de Ghampmercier s'assit ellemême auprès de mademoiselle de Beaumont , refit nonchalamment quelques boucles de sa coiffure et dit à M. d'Auvernay : — Venez aussi auprès de nous.

Le pauvre homme se laissa tomber sur un siège comme un fruit que le vent abat.

Puis s'adressant à son mari , elle dit :

— Il est parfaitement inutile de frapper da- 1. 14

158 A QUOI SEBVENT LES OTTCLES.

varitage, monsieur, je ne suis pas seule et ne puis vous ouvrir.

Mais la patience du mari était comble.

— Quand le diable y serait lui-même , dit il, ou votre confesseur, je saurai à quoi m'en tenir! et il ébranla la porte d'une secousse vigoureuse. La porte était faible , maintenue seulement par un bouton intérieur -^ comme il convient à tout connubium protégé contre les coups de main de la jalousie, autant par la prudence de la femme que par la confiance du mari. — A la seconde secousse, la porte cëda. Vous savez quelles dispositions avaient été pr^ ses; le Ghampmercier resta donc consterné. Son œuvre de démolition le mettait en présence de deux femmes et d'un vieillard. II fit une piteuse grimace et baissa la tête.

— Ma foî^ dit-iî, c© n'est qu'à moitié ma faute, après tottt! et vous me pardonnerez certainem«nt^ Attgustine.

Madame de- Chsunpmercier se détourna de lui comme une femme résolue à ne rien entendre.

— Mais, mat bonne amie...

— Taisez-vous, monsieur î dit-eile en s© leirant; un pareil scandale est sans exemple dans le monde ou nous vivons^

— Sans doute, dkle mari, ne sachant quelle i^ntenance prendre, sans doute... aussi prié-je bien vivement mademoiselle d'agréer

Mademoiselle de Beaumont s'inclina.

— Car je »u£» certainement très fàehé de mai latiladresse.

Il YOulut baiser la maîn de sa femme qaî s'j refusa.

— Mais, aa £ait, il était beaucoup plus simple de me dire de suite que. . . . que

TOUS étiez. . . . enfin ce que c'était! N'est-ce pas, d'Auvernay, que c'était beaucoup plus simple?

Si vous trouvez ? répondit d'Auvernay.

— Incontestablement ! reprit M. de Champmercier, et vous m'auriez ainsi évité Tennui de

cette fausse entrée; mais n'en parlons plus!

et pour mieux faire ma paix avec tout le monde. ••• même aeevous, méchante! (Il chercha une seconde fois à s'emparer de la main d'Augustine. — Prenez donc garde , ditelle, vous avez les mains horriblement faites!) —-'Voilà ce que je vous, ai apporté! s'exclama le gracieux mari entièrement insensible à cette rebuffade. Et il ouvrit un pan de sa redingote , d'où surgit une énorme botte de giroflées.

Madame de Ghampraercier recula d'un pas :

— Fi donc ! un bouquet des dames de la halle.... enlevez! enlevez!

Ghampmercier se tourna alors du côté de M. d'Auvernay.

— Bouquet, qui, par ce fait, vous revient, petit oncle! On dit que vous tesavezipa^ mal aimée», dans votre temps, les dames de la ?

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