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Madame la duchesse de Parme devant l'Europe

Madame la Dudhesse de Parme, après cinq années consatrées aq bien de son peuple, attend, dans la retraite, les , décrets de la Providence.

Yiclime de sa fidélité à garder intact l’honneur de la « ■ couronne de son Fils, à maintenir l’indépendance et la neutralité de ses États, Elle ne s’est éloignée que devant l’invasion.

Elle voit avec douleur lés domaines de sa Maison livrés aujourd’hui à l’oppression d’un parti qui ne recule pas même devant le crime et qui représente, au dedans la révolution, au dehors l’asservissement à une domination étrangère.

Elle a protesté solennellement en faveur des droits de son Fils; Elle en a appelé à Dieu et à l’Europe.

Mère et Régente, Louise de Bourbon défend la cause d’un Roi de onze ans, la cause d’un enfant orphelin, issu de la première race du monde 1

Elle a foi dans la droiture et le bon sens de ses sujets.

Que la majorité, que l’immense majorité soit, un seul jour, délivrée du joug qui l’écrase, et cette majorité se hâtera de rappeler l'Auguste Princesse qu’elle saluait de tant d’acclamations aux heures de la prospérité, qu’elle accompagnait de tant de respect aux heures de l’infortune.

Louise de Bourbon a foi dans l’équité et la tutelle de l’Eu-

rope. Les traités sur lesquels repose l’équilibre de l’Occident ont garanti ses droits ; les traités qui ont conclu la paix de Zurich en ont stipulé la réserve formelle; les méconnaître serait la plus grave atteinte que puissent recevoir à la fois les principes de la souveraineté, les principes du droit des gens, les principes de l’ordre social. Ce serait un crime contre la Justice des hommes et contre la Justice de Dieu. L'Europe ne le peut permettre.

C’est donc devant la conscience publique, c’est devant le tribunal des puissances civilisées et chrétiennes, que se doit porter la cause du jeune souverain de Parme. L’honneur de la plaider ne nous appartient à aucun titre. Mais il nous a semblé que le simple récit des faits, que le rapide exposé, d’abord, des principaux actes de la régence de Louise de Bourbon, depuis 1834 jusqu’à 18S9, puis des événements survenus du l“mai au 9 juin de celte dernière année, et jusqu’à la paix de Zurich, pourraient être utilement présentés aux esprits droits et aux cœurs généreux. La vérité, quelque faibles que soient ses interprètes, a une force secrète et sûre qui sait se frayer une voie jusqu’au fond même des âmes et y porter l’intérêt et la conviction.

La bienveillance qui a déjà aceueilii les premières éditions de nos écrits eu faveur de cette auguste et sainte cause, nous fait espérer pour cette nouvelle édition une semblable fortune. C’est toute notre ambition,

Paris, 2 février 1860.

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