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(le la Lorraine à la France, politique de réunion territoriale que le cabinet de Louis XV semblait plus spécialement affectionner. Ces traités ne furent pas ainsi Toeuvre d'un caprice, le résultat de quelques politesses flatteuses jetées par l'impératrice Marie-Thérèse à la marquise de Pompadour. Ils furent négociés, préparés par des esprits supérieurs, signés par Tabbé de Bernis, le prince de Kaunitz dans l'intérêt des deux puissances contractantes, et sanctionnés par la quadruple alliance avec la Suède et la Russie.
Pourtant cette grande politique du traité de 1756, l'histoire vulgaire l'a raillée comme l'œuvre d'une diplomatie en jupons et d'un cabinet énervé. Le xviii^ siècle dirigé dans ses opinions par les philosophes vendus au roi de Prusse, liés à TAngleterre par les réfugiés protestants a légué bien des stupidités à cette histoire écrite avec prétention, qui ramasse les faits et les raconte à une génération crédule et passionnée. Le roi de Prusse ne fut pas seulement un génie militaire du premier ordre, il eut encore ce côté admirable dans son esprit, qu'il sut comprendre et deviner tout ce qu'il y avait de bassesse, de complaisance dans les philosophes, les écrivains, les réfugiés de toute espèce qui se groupaient autour de lui. Entouré de ces athées qui prenaient le nom de libres pen-
seurs, Frédéric II à Taide de leurs écrits retentissants, pouvait défigurer les faits, jeter et imposer ses opinions à l'Europe. S'il correspondait avec Voltaire, d'Alenibert , d'Holbach, Helvétius, c'était moins par estime et admiration de leurs talents, que parce qu'à l'aide de leurs écrits, de leurs flatteries, il restait maître de l'opinion.
Le roi de Prusse uni à l'Angleterre avait commencé les hostilités et porté le désordre en Allègue. Eh bien! cet agresseur couronné, les philosophes vendus à son cabinet eurent Tart de le présenter comme une victime de l'ambition et de l'injustice de la France, de la Russie, de la Suède et de l'Autriche. Frédéric II avait proclamé Voltaire le roi des philosophes. A son tour Voltaire déclara le roi de Prusse un Titus, un Marc-Aurèle en butte à l'injustice, à l'ingratitude des cabinets, au moment même où il dépouillait le roi de Saxe. La puissance des écrivains fut telle, que cette guerre, toute nationale, toute profitable à la France, qui devait lui assurer des conquêtes réelles, fut dépopularisée à son origine. Elle suscita,
elle trouva partout de l'opposition. La France n'y apporta pas celte puissance, cette énergie nécessaire à toute grande entreprise, parce que la popularité fut aux opinions des philosophes vendus à l'Angleterre et à la Prusse.