‹ Madame Laetitia Bonaparte [microforme]Chapitre 3 sur 3 · RE PR A EE · texte numérisé non relu

RE PR A EE

Il a pris une assez forte envie de rire, ajoute madame de Cossé-Brissac ; l’air profondément sérieux de mon mari m’a réprimée aussitôt en me rappelant au respect.

Entre autres choses aussi importantes, madame Laetitia m’a questionnée sur les perlrs de Rome, et j'ai cru faire un trait d'adresse en iui disant : ‘“ Elles sont beaucoup plus chères que celles que l’on empioie pour ces sortes d'ouvrages. » — Oh ma petite, m’e-t-elle répondu, j'en sais le prix et de tous les numéros encore ; ce n’est pas à moi qu’on en fait accroire. Je ne tranche pas de la princesse, comme mes

filles. ”

Cet ordre, un peu exagéré sans doute, pouvait bien être un défaut, mais ne peuton l’excuser chez une femme, chez une

mère qui s'était trouvée dans la détresse et qui en craignait le retour plus pour les

siens que pour elle-même,

Ah ! mesdames, il n’en est pas moins vrai que “ c’est au jugement sain, à la volcnté inflexible de sa mère que l’Homme de la destinée doit une grande part de ses succès dans la vie ;” c’est, à elle qu’il doit cette énergie et ce dévouement qui l'ont fait et le plus glorieux des héros et le plus

malheureux à la fois : — c’est Laetitia Ra-

molino qui a su donner à Napoléon I cette

valeur, cette force de caractère avec laquelle il a étendu la France à des limites qu’elle n'avait jamais connues avant qu’il

ne la gouvernât.

On a écrit que s'il y a du vrai dans le

proverbe populaire tel père, tel fils, il serait

encore plus juste de dire telle mère, tel fils : nous venons de le voir dans la première partie de cette conférence. Eh bien ! pourquoi, dans la deuxième partie, ne pas renverser le proverbe et chercher s’il ne serait pas aussi précis de poser en principe TEL FILS, TELLE MÈRE ?... Demandonsnous, mesdames, si Napoléon I a tenu de sa mère la foi vibrante qui l'a fait s'éteindre grand encore devant l'adinira-

tion des peuples, ses amis et ses ennemis

Certes, je ne vous demanderai pas de considérer Napoléon “ dans son orgueil devenu prodigieux, effrayant,” où, “aveu-

glé par son ambition, il n’aspirait plus qu’à dominer le Pape, à diriger le monde religieux comme le monde politique ;” non.

Je vous prierai de jeter un regard sur les événements où cet homme se retrouve un peu lui-même, — “ si difficile qu’il est de bien apprécier un tel personnage, ” — a

remarqué Taine.

On était au lendemain de la bataille de Marengo ; “ d’un seul coup, — dit Keller, — l'Italie était reconquise. Le vainqueur allait-il, comme deux ans plus tôt, en chasser tous les princes ? Ils attendaient ses décisions avec terreur, prêts à fuir au premier signal. Un seul n’était point entré

dans ses Etats, que les Autrichiens et les

Napolitains occupaient encore ; c'était le

nouveau pape Pie VII, élu le 14 mars pré-

MADAME LABTITIA BONAPARTE cédent à Venise, mais laissé sans honneur et sans Secours par ses prétendus alliés,

Ce fut lui seul que Bonaparte rassura par de consolantes promesses, 11 lui ouvrit le chemin de sa capitale, lui

laissa entendre qu’il espérait rétablir en

France le culte catholique, lui demanda

d'envoyer à Paris pour cette négociation Mgr Spina, que le général Bonaparte avait rencontré à Valence, à son retour d'Egypte, et, comme pour inaugurer cette politique nouvelle, il fit chanter, quoi qu’en pussent dire les atlées de Paris, un Te

Deum solennel à la cathédrale de Milan. ”

Et d’un, mesdames.

Le P. Drochon, dans La Petite Eglise, nous donne le texte même de l'important

message du premier Consul au Pape, sous

les mêmes circonstances : Pie VII, parti de Venise le 6 juin, n’était pas encore arrivé à Rome :

“Très Saint-Père, lui disait-il, — répétant les paroles solennelles qu'il avait déjà adressées aux

“s de Milan, le 5 juin, — mon intention formelle est que la religion chrétienne, catholique et romaine, soit conservée dans son entier, qu’elle soit publiquement exercée. La France, instruite par ses malheurs, a ouvert enfin les yeu:: ; elle a reconnu que la reli::0" catholique était comme une ancre qui pouvait seule la fixer dans ses agitations et la sauver des efforts de la tempête ; elle l’a, en conséquence, rappelée dans son sein. Je ne puis disconvenir que je n’aie beaucoup contribué à cette belle œuvre. Je vous certifie qu’on a rouvert les églises en France, et le peuple voit avec respect ses pasteurs qui reviennent, pleins de zèle, au milieu de leurs troupeaux abandonnés. Je déclare être résolu à vivre en harmonie avec le Saint- Siège, et je veux réconcilier la Révolution française avec l'Eglise... ”

Et de deux !

Puis vint la signature du Concordat, le 15 juillet 1801, solennellement publié le jour de Pâques 1802, alors que Bonaparte assista à la messe, célébrée à cette occasion, et au Te Deum à la cathédrale de Paris, Vous vous souviendrez, mesdames, que ces démarches officielles furent faites malgré les protestations de plusieurs généraux. Napoléon leur intima l’ordre d’être présents, en grand costume, à la cérémonie, Dès ce jour, le premier consul rétablit la messe du dimanche dans les demeures des Tuileries et de Saint-Cloud ;

on s’y rendait en foule.

Cet acte du Concordat est la meilleure œuvre de Napoléon, dit l’histoire, Fontanes l’appelait son titre Royal et Impérial. Et il ne faut pas oublier qu’après la chute

de l'Empereur, Pie VII écrivait à Consalvi :

“Nous devons nous souvenir tous les deux qu'après Dieu, c’est à lui (Napoléon) qu'est dû le rétablissement de la religion dans ce grand

royaume de France... Le Concordat fut un acte chrétiennement et héroïquement sauveur... ”

Et de trois !

On raconte que sur un champ de bataille, Napoléon vit un soldat ennemi, un Russe, tout mutillé par le canon et horriblement défiguré : il se traînait dans la

boue ; ce spectacle faisait horreur.

“Relevez cet homme, ” dit Napoléon, à l’un des officiers de sa suite ; et, comme l'officier semblait hésiter : “ Allez, lui répéta l'Empereur, et sachez qu’il y a là-

haut un Dieu qui ne laisse pas les bonnes

actions sans récompense, ”

Et d’un autre !

Vous me reprocherez, mesdames, de donner dans l'enthousiasme commun :

c’est la biographie de madame Bonaparte que je vous ai promise et je m’égare dans celle de Napoléon I. Cependant, permettez-moi une dernière citation pour rapprocher, — ainsi que je vous l'ai dit tout

d’abord, — nour rapprocher la mère du fils.

L'Esnpereur déchu est sur son lit de

mort ; il sent approcher l’heure suprème :

“Je suis né dans la religion catholique,

dit-il à l’abbé Vignali, je veux remplir les

devoirs qu’elle impose et recevoir les secours qu’elle administre. ”

Comme il parlait ainsi, le Dr Automarchi, esprit fort, laissait échapper un sourire d’incrédulité.

& Ah ! s'écria l'Empereur, vous êtes audessus de ces faiblesses, mais que voulez-

vous ? Je ne suis ni philosophe ni médecin.

Vous avez peut-être trop d'esprit. Je n’en

suis pas là. Je crois à Dieu... N'est pas athée qui veut... Pouvez-vous pousser l'incrédulité à ce point ? Pouvez-vous ne pas croire à Dieu ? Car, enfin, tout proclame son existence, et puis, les plus grands esprits l’ont cru. 7

Napoléon se confessa et communia le 30 avril. Il dit ensuite à Montholon : “ Général, je suis heureux, j'ai rempli tous mes

devoirs ; je vous souhaite, à votre mort, le même bonheur.” Le lendemain, ler mai, l’agonie commença;...le samedi, 5 mai, un peu avant six heures du soir, un sinistre et bruyant sanglot, suivi d’un lugubre silence, avertit ses compagnons d’exil que le plus grand génie du temps venait de comparaître au tribunal de Dieu... ”

Mesdames, pouvons-nous penser qu’un tel fils n’ait eu pour mère une femme éminemment croyante, et que les premières années de Napoléon I n’aient été bercées par la foi, les vieilles traditions chrétiennes, formant le fonds essentiel de l’éducation qui devait exercer une si puissante in-

fluence sur toute la vie de l'Empereur ?...

Ne nous y trompons donc pas, mesdames : si Napoléon I est mort dans les ac

dispositions du catholique fervent, il en

est redevable aux principes de foi qu’il

avait reçus de sa mère.

Mesdames, j'aurai été longue : cependant il nous reste un dernier point à con-

sidérer ; j’essayerai d’être brève.

Admirable dans son énergie et son dévouement, noble dans sa foi, Madame Bo-

naparte a-t-elle su aimer ses enfants ?

C'était encore aux sombres jours de la Corse : “ entraînée par le courant, tandis qu’elle voulait passer à cheval une rivière, Laetitia Bonaparte se trouva dans le plus grand danger, sous les yeux mêmes des gens de sa maison, impuissants à la secourir. Ce n’était pas pour elle qu’elle crai-

gnait, mais pour son fils Joseph, qu’elle

portait dans ses bras. Le cheval ne peut 4 47

D nenemr mn

plus avancer, le pied lui manque. #; se dé-

bat au-dessus d’un abîme. On crie à la

malheureuse mère de sauter en bas de sa | selle et de se laisser aller au courant de la rivière, seul et dernier espoir de salut qui semblât lui rester. En même temps, des deux rives, on se prépare à venir à son secours. Mais le moyen qu’on lui conseille risque ::2 noyer le cher enfant qu’elle serre contre son sein. L’intrépide femme est mère avant tout. Décidée à vivre ou à | mourir avec son enfant, elle se confie à la Providence et, se maintenant avec sangfroid sur le cheval, elle lutte contre le courant, excite sa monture de la voix et du geste, la dirige, l’encourage, et enfin manœuvre avec tant d’habileté qu’elle par-

vient à regagner la rive.

Echappé au gouffre, le cheval bondit plein d’ardeur en ramenant au milieu de la foule l’enfant et sa généreuse conductrice, qui reçoit les félicitations les plus

bruyantes et les plus sincères !...”

Mais, cette âme virile a-t-elle connu cette tendresse qui ne sait compter dans les mille raffinements du cœur, cette tendresse délicate dont le souvenir embaume

vraiment toute une existence ?

Avait-elle pour ses enfants, cet amour dont l’immortel poète a pu dire :

“ Oh! l’amour d’une mère, amour que nul n’oublie, Pain merveilleux, qu’un Dieu partage et multiplie ; Table toujours ouverte au paternel foyer,

Chacun en a sa part et tous l’ont tout entier. ”

Madame Bonaparte s’occupa personnel-

lement de l'éducation de ses enfants qui,

devenus grands, l’entouraient d’une naute

considération et des meilleurs soins.

Ce fut elle-même qui apprit à Napoléon à lire et à écrire ; elle vcilla sur lui avec un soin particulier. Dans les causeries du soir, dans les promenades du jour, elle lui faisait de petits récits instructifs et propres à lui inspirer les meilleures pensées.

Occupée à quelque braderie, elle surveillait pendant de longues heures l'enfant, ] assis devant une table, faisant quelque lec- | ture intéressante. Et c’est cette affection qui unit toute leur vie la mère et le fils au |

point d’en exciter l'admiration générale.

On a dit bien des fois que le bonheur des

enfants fait celui des mères. Toute mère

se retrouve un peu dans ses fils et dans ses

filles ; et, si leurs malheurs sont les sieus, leur gloire est la sienne : il n’en fut rien cependant pour Madame Bonaparte. Elle a partagé, vécu et pleuré toutes les heures malheureuses de sa famille, mais elle n’a qu’à demi profité des jours de luxe et

d’avordance.

Et c’est ainsi que Stanislas de Gircrdin nous raconte une conversation qu’il eut

avec la Mère de Napoléon :

“— Monsieur de Girardin, je vous trouve triste. — Madame, il n’y a pas beaucoup de motifs d’être bien gai. — Vous avez bien raison ; me croyez-vous heureuse ? Je

ne le suis pas, quoique mère de quatre rois...

Et après quelques instants d’entretien

sur le même sujt., elle s’écria: — “ Je suis malheureuse ; de tant d’enfants, je n’en ai

pas un seul auprès de moi ! ”

“ Sur le rocher de Sainte-Hélène, Napoléon s'était souvenu bien des fois de sa mère, dont l’absence le faisait cruellement souffrir. Le nom de Madame Bonaparte revenait souvent dans ses discours ; il la décl'irait digne de tous les genres de véné-

retion. “Elle veillait, disait-il, aveu une

oo rm

sollicitude qui n’a pas d’exemple sur les premières impressions, Les sentiments bas étaient écartés, flétris... ”

Madame Junot, dont la mère fut, dès l’enfance, liée d'amitié avec Madame Bonaparte, mentionne d’une manière toute spéciale “la grande bonté maternelle de Madame Laetitia. ”

nt

“ Pendant les jours qui précédèrent le 18 brumaire,—écrit-elle,—une très grande agitation régnait dans Paris, et quand la révolution fut faite, Paris n’y croyait pas encore, Madame Bonaparte était calme quoique fort inquiète. Son extrême pâleur et un mouvement convulsif faisait presque mal à voir. C’est alors que je pris d’elle une grande et forte opinion. Madame Bonaparte me rappelait bien, en ce moment, la mère des Gracques. Son enjeu était même plus fort que celui de la grande Romaine. Elle avait trois fils sous le coup du sort. L’un d’eux pouvait être frappé si les deux autres échappaient. Elle le sen-

tait fortement: ”

On rapporte que Madame Bonaparte ne fut nullement surprise des événements de

1814 : la chôte de son fils lui paraissait inévitable, et à chaque nouvelle entreprise de guerre, elle déplorait auprès de lui les défaites qui pouvaient en résulter.

Le coup fatal la frappa rudement ; mais elle s'y attendait depuis longtemps, et elle

fut ferme encore comme à toutes les

époques agitées de son existence. Bien

des fois, on l’a vue trembler au point de ne pouvoir marcher ; mais elle restait d'appa-

rence toujours calme et sans pleurs,

Mesdames, le cardinal Consalvi dans ses Mémoires, nous cite une lettre entière que Madame Bonaparte lui adressa pendant l'exil de Napoléon.

Me permettez-vous de vous lire encore cette page qui vous éclairera mieux peut-

tre que je ne le saurais faire, sur les sentiments de cette femme, de cette mère chré-

tienne :

“Je veux et je dois remercier Votre Eminence, lui écrivait-elle, pour tout ce qu'elle a ait en notre faveur depuis que l'exil pèse sur mes enfants et sur moi. Mon frère, le cardinal Fesch, ne m’a point laissé ignorer de quelle généreuse façon vous aviez accueilli la demande de mon grand et malheureux proscrit de Sainte-Hélène.

“Le cardinal m’a dit qu’à la prière si juste et si chrétienne de l'Empereur, vous vous étiez empressé d'intervenir auprès du gouvernement anglais et de chercher des

prêtres dignes et capables.

“Je suis vraiment la mère de toutes les

douleurs, et la seule consolation qui me

soit donnée, c'est de savoir que le très

saint Père oublie le passé pour ne se souvenir que de l'affection qu’il témoigne à

tous les miens,

“Mes fils, Lucien et Louis, qui s’honvrent de votre inaltérable amitié, ont été bien sensibles à tout ce que le Pape et Votre Eminence ont fait à notre insu pour préserver no''e tranquillité menacée par les puissnnces. Nous ne trouvons d'appui et d'asile que dans le gouvernement pontifical et notre reconnaissance est aussi

grande que le bienfait-

“Je prie Votre Eminence d’en déposer l’hommage aux pieds du saint Pontife, Pie VII. Je parle au nom de toute ma famille de proscrits, et au nom surtout de celui qui se meurt à petit seu sur un rocher désert

— no

Sa Sainteté et Votre Eminence sont les

seuls en Europe qui s'efforcent d’adoucir ses maux et qui voudraient en abréger le

terme,

“Je vous remercie tous deux avec mon cœur de mère et je reste toujours de Votre Eminence la très dévouée et très recon-

naissante,

“ Madame Bonaparte. ”

Madame Laetitia Bonaparte était de taille “ qui plaît chez les femmes ” : cinq pieds un pouce à peu près, — et elle était très belle !

Sa beauté était célèbre dans toute la Corse : deux des filles reflétaient la beauté

de la mère “dont les pieds et les mains étaient des modèles, ” î

Son sourire, qui passa à tous les Bonaparte, était des plus charmants. Ses yeux n'étaient pas grands, mais très noirs et il y avait dans son regard quelque chose de son âme, — de cette âme où se trouvaient tant de sentiments de la plus haute élévation ! — puis ce regard était fin, perçant, spirituel, sans méchanceté, mais joint à | une grande vivacité de jugement et à beau- | coup de tact, il devinait immédiatement l'interlocuteur, — qui ne croyait pas avoir été même regardé, l

Madame Bonaparte a su traverser les différentes étapes de sa vie en tenant toujours re. «pte de sa condition et de son âge.

Bien que de naissance noble, elle vécut plusieurs années en Corse de la manière la plus humble ; — nous l’avons vu ; — puis, aux heures d’opulence, à l’hôtel de Brienne restaurée avec somptuosité et élégance, Madame-Mère représentait très bien, dit la duchesse d’Abrantès ; et, elle ajoute : “ J'ai vu des princes et des princesses qui avaient grandement besoin de mettre en avant ce titre d’altesse royale pour n’être pas pris pour les plus francs roturiers que

l’on pût rencontrer. ”

Madame Bonaparte atteignit le grand âge de quatre-vingt-cinq ans: ses dernières années s’écoulèrent à Rome où elle reçut de Pie VII un accueil distingué, digne de son malheur et de sa grandeur passée.

Elle y vécut dans une retraite profonde.

Privée de la vue alors, et forcée par ses infirmités à garder le lit, elle ne prenait plus qu’une faible part aux affaires de ce monde et ne recevait qu’un petit nombre d’amis intimes, parmi lesquels était le cardinal Fesch, qui venait la visiter régulière-

ment.

Depuis la chûte de Napoléon, cette

femme, qui avait vu tous ses enfants sur le

trône, ne reçut que des nouvelles de deuil

de sa famille,

Elle passa ses derniers jours à méditer sur le néant des grandeurs humaines, à prier pour ses enfants et à se préparer au

jugement de Dieu...

Elle expira le 2 février 1836.

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