‹ Madame Mascarille, comédie en 1 acte en vers libresChapitre 13 sur 17 · LIN 1)0 R · texte numérisé non relu

LIN 1)0 R

Tu ne m’en veux plus ?

Qui? moi? non, plus du tout?

LINDOR

Mourir? pourquoi mourir? C’est aimer qu’il faut dire ! Ne pensons maintenant qu’à rire Et quittons là tous les deux Ce ton cérémonieux.

Il faut nous tutoyer, n’est-ce pas, mon compère ?

Si tu veux.

LINDOR

A lions donc !

M A R l A N N E , à part .

Quel embarras ! que faire?

LINDOR^ À Marianne.

Allons, mon ange, viens souper.

Marianne s’assied entre eux deux.

MARIANNE, à part.

Lequel des deux veut m’attraper?

Oh ! je le saurai sans nul doute.

LINDOR

Nous faisions tous deux fausse route En nous querellant, mon ami,

Il ne faut rien faire à demi.

Pour moi je n’aime pas la moyenne mesure,

Ou s’embrasser, ou bien se couper la figure.

Mais changeons de terrain.

Il s’agit d’abord d’être en train Et d’avoir de l’esprit.

MASCARILLE, à part .

Voyons sa perfidie.

LINDOR, à Marianne.

Çà, venez près de moi.

MASCARILLE, à paît.

J’enrage.

LINDOR

Bon, ma mie !

8CÈNE CINQUIÈM E

Et buvons e l’honneur de ton époux absent.

A sa santé !

MARIANNE

Merci.

M ASCAR1LLE.

L’hôte est si complaisant.

LINDOR

Et l’hôtesse si belle!

MARIANNE

Et si bonne personne.

A sa santé !

MASCARILLE, trinquant, à [vart .

Grand Dieu!

LINDOR

Verse toujours, mignonne.

Encore! encor!

Toujours !

A part.

Que je prenne du poids ;

J’ai des démangeaisons jusques aux bouts des doigts. Je voudrais H'assommer !

LIN DO R, à Marianne.

Quelle triste pensée

Vient attrister ce front, ô notre fiancée!

Nous avons des secrets pour chasser le chagrin,

Cher Lindor, chantez-nous quelque joyeux refrain.

Moi, chanter!

LINDOR

Ça, voyons, pas de cérémonie,

Si vous êtes Lindor...

MARIANNE

C’est moi qui vous en prie.

MASCARILLE, chantant.

Le bon vin est l’ami des dieux,

MADAME MA8CARILLE

Est l'ami des dieux et de l'homme,

Le vin est après tout, en somme ,

Ce qui sur la terre vaut le mieux.

Après le refrain, Lindor complètement gris so laisse tomber sur sa chaise et s’endort, Mascarille fait un geste pour le frapper, il accroche sa fausse barbe qui tourne. — 11 la remet anasUAt, mais pas asseï vite pour qne Marianne no l’ait reconnu.

MARIANNE, A part.

Qu’ai-je vu ?... Mascarille !

Oh ! le triple fripon !

MASCARILLE, troublé.

Que dis tu, ma gentille?

Tu m’as appelé?

MARIANNE

Non !

MASCARILLE, à part.

Un peu plus j’étais pris!...

MARIANNE, à part .

Le gibier de potence!

MASCARILLE, A parta

La brute de barbier !

MARIANNE, A part .

Ali ! monsieur mon époux !

Le plus adroit des deux n’est pas relu i,u'on p use.

Donnant ud grand coup de poing sur la tabl*%

Ainsi donc !...

LINDOR, s'éveillant A moitié .

Au secours !

MARIANNE

Messieurs les su bon eurs !

LINDOR

Qu’ai-je fait V

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