‹ Madame Mascarille, comédie en 1 acte en vers libresChapitre 3 sur 17 · MASCARILLE, MARIANNE · texte numérisé non relu

MASCARILLE, MARIANNE

li va û nu rencontre et lui prend la maiu.

Te voilà, mignonne adorée,

Perle du pays de l’Astrée,

Rose du soir et du malin ! ...

Nous venons donc, toujours gentille Avec le petit Mascnrille Tenir quelque propos badin?

MARIANNE

Encore galant !... avec sa femme!

Cela n’est pas très-naturel.

Je suis sûre que votre flamme Qui doit partir d’un feu tout artificiel Va s’éteindre bientôt sur l'amoureux autel.

Non, non, pour toi mon cœur est plein de zèle, C’est un roc de fidélité,

Et (juant à mon amour, il n’a qu'une étincelle, Mais qui prend sa source immortelle

MADAMK MA SCA Kl LL l'-

Ail flambeau de la chasteté.

MARIANNE

Pour un époux dans son ménage C’est parler d’or assurément,

Mais finissons ce badinage Et causons sérieusement.

Ils s'asseyent.

Vous n'ignorez point, Mascarille,

Qu’hormi mes modestes appas, I Votre esprit, qui sans doute brille,

Votre science et mes deux bras,

Nous ne possédons pas grand’cbose?

M ASCAR ILLE.

Tu peux entre nous dire rien.

Or vous savez qu’il n’est pas rose,

Dans cette vie où tout est prose,

De ne point avoir quelque bien.

Par Te ciel ! quel est ce langage?...

Tu m’étonnes étrangement...

Ah !... c’e^t pour plaisanter, je gage,

Tu veux rire un petit moment?

Soit, mon trésor, ris à ton aise.

Avec toi, je ferai chorus.

Il n’est rien là qui me déplaise,

Je ne déteste pas Momus.

MARIANNE

Mais il ne s’agit pas de rire,

C’est on ne peut plus sérieux ;

Si vous doutez encor, ce que je vais vous dire Vous ouvrira bientôt les yeux.

J’avais seize ans, je sortais de l’école,

Je voyais à travers un prisme de cristal Le monde banal et frivole ;

Tout me paraissait idéal.

En un mot, de ce rêve étrange Je ne voyais qu’un seul côté,

Grâce, sans doute, à mon bon ange Qui cachait la réalité.

IJn an plus tard, cenain jeune homme Se ii it à me faire la cour.

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