SCÈNE DEUXIÈME
Il n’était pas trop ma! en somme,
♦ Et je lui donnai mon amour,
Dans une union... légitime;
Car on m’assura qu’autrement C’eût été commettre un grand crime Dont j’eusse supporté le juste châtiment.
Nous voilà mariés... sans bourse!..
Jusqu'ici tout a bien été,
Grâce à votre esprit de ressource,
Votre talent et votre habileté.
Mais que vous veniez, Mascarille,
A tomber malade demain!...
Que ferez-vous de cet esprit qui brille Et de ce talent surhumain?...
Il n’est jamais rien qui m’arrête Et je sais sortir d’embarras ;
Dans ce cas-là, moi je serais la tête Et c’est toi qui serais le bras.
La théorie est très-facile.
Mais la pratique l’est fort peu ; Croyez-moi. soyez moins habile Et plus serré dans votre jeu.
mascarille.
Malpeste! la maîtresse femme Que j’avais là sans le savoir !
Tous mes compliments, chère dame,
Je vous rends les armes, ce soir.
MARIANNE
Vous avez certain héritage,
Qui dans ces temps derniers ne se portait pas bien, Etant affligé d’un grand âge.
MASCARILLE, à part.
Ma foi, je n’y comprends plus rien.
Haut.
Qu’est-ce que cela signifie ?
Quel est ce galimatias?
Tu me fais’ un cours de philosophie,
Désirant me remettre au pas ;
Et puis tout d’un coup, tu changes la thèse En ouvrant une parenthèse,
Pour me parler d’un oncle à moitié mort.
Avare s'il en fut, aimant son coffre-fort Mille fois plus que sa famille !
MARIANNE
Mais voilà justement, habile Mascarille,
Qui comprenez à demi-mot!...
Quoi, pour une simple vétille Vous restez devant moi fort sot!
Me ferais-tu l'amitié de m'apprendre?...
MARIANNE
Eh bien ! votre oncle est au plus mal !...
Parbleu, cela m’est bien égal.
MARIANNE
Vous ne voyez pas qu’il faut vous rendre
Soulignant.
Chez lui, dans sa maison, sans perdre un seul m MASCARILLE.
Pourquoi, dans quel but?
MARIANNE
Pour le testament.
MASCARILLE, À part.
Elle veut m’éloigner, mâtine !
Et je n’avais pas deviné.
Ce n’est pas pour rien qu’elle m’endoctrine, Mais son projet, ça me chagrine,
Est bien sottement combiné !...
Car en croyant la chose très-réelle.
Ce dont je doute, sans façon,
Elle sait fort bien, l’infidèle.
Que l’oncle est père d’un garçon A qui doit revenir tout le bien qu’il possède!...
MARIANNE
Voyons, que dites-vous?
mascarille.
Je cède,
Ma mignonne, à ton argument.
En pourrait- il être autremtnt?