‹ Madame, mère du régentChapitre 112 sur 220 · I. Les mots en italiques sont en français dans l'orig-inal · texte numérisé non relu

I. Les mots en italiques sont en français dans l'orig-inal

savoir si ce n'est pas l'un de ces cas où prudence est synonyme d'égoïsme.

Ces tiraillements, dont la source était invariablement à Heidelberg, n'empêchaient pas la duchesse Sophie d'ôtre parfaitement contente de son voyage de France, et parfaitement tranquille sur l'avenir de sa nièce favorite.

Elle avait trouvé Liselotte épanouie par le bonheur et la prospérité; en très bons termes avec Monsieur, malgré la cabale et ses intrigues; au mieux avec le roi, et attentive aménager sa faveur; entourée de dévouements et d'amitiés dont elle sentait le prix; gémissant sur son « esclavage » et vivant en fantaisiste; criant contre la représentation et ne pouvant déjà plus s'en passer; contre l'étiquette, et se montrant jalouse de son dû; fidèle au Palatinat et prenant part à ses malheurs, mais sans en perdre ni une chasse avec le roi, ni une représentation de Molière; heureuse de s'amuser, heureuse d'être jeune et gaie, heureuse en France et malgré la France, heureuse par la France et la détestant quand même, parce qu'elle était Allemande et ne pouvait l'oublier, mais commençant pourtant à s'en souvenir moins souvent. Devant ce spectacle, la pénétration de la duchesse Sophie avait été mise en défaut. L'orage qui s'amassait en Liselotte »t autour d'elle était près d'éclater, et sa tante n'avait rien deviné; son excuse est que Liselotte elle-même ne le sentait pas venir, et vivait, elle aussi, dans la sécurité.

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