‹ Madame, mère du régentChapitre 111 sur 220 · LISELOTTE ET LE VOYAGE DE SA MERE EN FRANCE · texte numérisé non relu

LISELOTTE ET LE VOYAGE DE SA MERE EN FRANCE

ni Monsieur, ne surent jamais pourquoi. La duchesse Sophie le sut ati bout de trente ans, quand les autres étaient morts.

Le coup de théâtre avait été provoqué par une lettre de Madame, où celle-ci traçait à sa mère un tableau si décourageant des déboires et des avanies qui l'attendaient en France, que la pauvre femme avait jugé inutile de s'expatrier pour échanger un calvaire contre un autre. Personne n'avait eu vent de cette manœuvre sournoise, dont Liselotte ne se confessa à sa tante qu'en 1709 : « ... Feu Monsieur était tout disposé à avoir ici Sa Grâce Madame ma mère; mais moi, qui sais et qui vois comment les choses se passent ici, et combien de chagrins^ feue Sa Grâce se serait mis sur les bras, j'ai cru ne pouvoir mieux faire que de le déconseiller à Sa Grâce. Elle ne m'a jamais fait sentir qu'elle eût mal pris mon sincère conseil. Elle n'aurait eu ici que du malheur, du chagrin et des indignités, cela est certain, et c'est pourquoi j'ai cru de mon devoir d'avertir Sa Grâce. On ne peut pas rester toute sa vie incognito. Si l'Electrice avait vu du monde et qu'on ne l'eût pas traitée comme on le devait, elle en aurait eu du dépit. Ne voir personne, elle n'aurait pu s'y résoudre. Tous les bâtards d'ici auraient voulu avoir le pas sur elle; j'en aurais eu tous les jours de nouveaux chagrins, et il aurait fallu me chamailler que c'eût été une misère. «Sans compter les maladies et les jours de mauvaise humeur. Certes, Liselotte avait agi avec prudence. Reste à

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