‹ Madame, mère du régentChapitre 121 sur 220 · MORT DU PÈRE DE MADAME · texte numérisé non relu

MORT DU PÈRE DE MADAME

colique quand j'y pense ; ... j'ai cependant à présent une consolation : c'est l'assurance que vous me donnez que Sa Grâce l'Électeur n'a pas été fâchée contre moi dans les derniers temps de sa vie. Ce qui m'étonne, c'est qu'il ne vous ait pas envoyé le dialogue^ que j'ai eu avec le grand homme, car je sais positivement qu'il l'a reçu quinze jours avant sa maladie. Comme il ne m'a pas répondu, qu'il s'est contenté de faire écrire qu'il l'avait reçu, j'ai eu peur qu'il ne fût pas content de moi ; mais, puisqu'il n'en a pas parlé à Votre Dilection, j'espère que je m'étais trompée. A la manière dont on traite maintenant mon frère ^, il semble bien qu'on n'avait pas l'intention de changer de façon de faire. »

Nous savions de longue date que Liselotte sentait vivement; mais l'amertume qui perce dans ces lettres est chose nouvelle sous sa plume. Avant la mort de son père, jamais on ne s'était aperçu qu'elle en voulût au roi des vexations qu'elle connaissait à merveille, puisque Charles-Louis ne cessait de lui en écrire. Ni plaintes, ni reproches n'avaient eu le pouvoir de lui gâter son « idole ». Elle n'en avait pas moins mis tout son bonheur à être avec le roi, cachant si peu son jeu, en honnête femme qui n'a rien à cacher, que la cour de France souriait de plus en plus; on s'amusait de voir la vertueuse Madame, la farouche Madame qui chassait ses filles d'honneur pour la moindre coquetterie, tourner à son insu à

1. Le dialogue a sans doute été perdu ou détruit, comme toute la correspondance de Madame avec son père, car on n'en trouve de trace nulle part.

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