‹ Madame, mère du régentChapitre 127 sur 220 · Le mot est de Mme de Sévigné · texte numérisé non relu

Le mot est de Mme de Sévigné

porter. Elle se mit à déraisonner, et par oontre-coup, la petite cour de Monsieur fut sens dessus dessous. Les agitations n'y manquaient jamais, ni ce que Saint-Simon appelait « les horreurs » ; mais tout cela n'avait pas eu des conséquences très graves pour Madame tant qu'elle en avait haussé les épaules. Dans l'état d'énervement où l'avaient mise des chagrins plus importants, les coups d'épingles de « la cabale » lui devinrent intolérables, et ce fut sa perte ; le chevalier de Lorraine se hâta de profiter de ce qu'elle avait perdu tout sang-froid, tout empire sur elle-même, pour achever de brouiller les cartes. Il s'était contenté jusque-là de prélever des pots-de-vin sur les fournisseurs, de faire chasser par Monsieur les domestiques qui plaisaient à Madame, et autres méfaits du môme ordre, puant étrangement l'office pour un homme de sa qualité. Il alla tout d'un coup plus loin. Devinant l'heure propice aux fâcheries et aux disputes, il s'entendit avec ses acolytes pour répandre le bruit que Madame avait une « galanterie » avec un officier des gardes du corps nommé Saint-Saens.

Cette sottise vint aux oreilles du roi , lequel , connaissant sa belle-sœur, jugea prudent de la mettre au courant pour lui recommander la sagesse. Il l'engagea fortement à ne pas faire le jeu de ses ennemis en s'occupant de leur « méchant complot* », et ne put se faire écouter. Madame tout échauffée voulait qu'il « prît sa cause en main »,

1. Lettres du 12 et du 19 septembre 1682, à la duchesse Sophie.

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