SENTIMENT DE MADAME POUR LOUIS XIV
prochée de Mlle de La Vallière après son entrée au couvent : « Je lui ai souvent dit, écrivait-elle, qu'elle n'avait fait que changer l'objet de ses sentiments, qu'elle donnait à Dieu tout ce qu'elle avait eu dans le cœur pour le roi ^ » Ce fut autre chose quand Mme de Maintenon se fit auprès de Louis XIV cette place à part où elle ne voulait pas entendre parler d'amour. Elle allait sur les brisées de Liselotte quand elle découvrait au roi « le pays de l'amitié^ ». Elle était sa rivale, et une rivale heureuse, quand les délices de sa conversation, l'une des plus parfaites de la Cour, disaient les connaisseurs, lui ramenaient un prince qui avait commencé par ne pouvoir la souffrir. Elle achevait la défaite de Liselotte, quand elle osait parler au roi sérieusement et lui dire ses vérités. La pauvre Liselotte avait trop peur de déplaire. Elle cherchait trop à faire rire. On ne peut pas toujours rire. Peu à peu, le roi se passa plus aisément de sa joyeuse belle-sœur. Vint le jour où il la congédia « d'un signe de tête », pour se diriger vers l'appartement de Mme de Maintenon, et cela recommença le lendemain, le surlendemain, toujours. On se représente la souffrance d'une créature de passion comme Liselotte.
On aura remarqué que la lettre de Mme de Sévigné reproduisant les confidences de la bonne Tarente est à peu près contemporaine de la mort de Charles-Louis. De telles secousses, se succédant de si près, furent plus que Madame n'en pouvait sup-
1. Fragments de lettres originales de Madame, etc. Vol. I, p. 107.